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Assemblée publique annuelle – LSQ Vidéo

 

Description de la vidéo

Notre Assemblée publique annuelle s’est tenue le 26 janvier 2021 à 16 h (HNE). Comme plusieurs auditeurs et auditrices ont eu du mal à regarder la webdiffusion en raison de difficultés techniques, nous avons publié cette vidéo peu après l’événement. Cet enregistrement reprend l’événement tel qu’il a été présenté en direct, soit en français et en anglais. Vous pouvez lire la transcription complète de l’événement en français, de même que la transcription bilingue de l’événement. Nous publierons un enregistrement plus accessible dès qu’il sera possible de le faire.

Date de publication

18 fevrier 2021

[Narrateur] 

Provoquant 

Inspirant 

Contagieux

Sa créativité nous gagne 

Son imaginaire nous habite 

C’est un monde de tous les possibles 

Un monde de liberté, d’essais, de douleur, de joie. 

Un monde où de nouveaux mythes bousculent et réinventent les anciens 

Baume sur nos blessures 

Source de nos espoirs 

C’est la langue de nos âmes 

Audace de tous les instants 

Désaveu des idées reçues 

Son appel irrépressible nous rassemble 

L’art saisit notre essence, et nous pousse à aller plus loin 

Au fil de nos histoires, au son de nos voix 

L’art exprime qui nous sommes 

L’art, c’est nous. 

[Michelle Chawla] 

Welcome. Bonjour. Bienvenue. Kwey-Kwey. 

Je m’appelle Michelle Chawla et je suis directrice générale, Stratégies, affaires publiques et rayonnement des arts au Conseil des arts du Canada. 

Je suis ravie de vous accueillir à notre Assemblée publique annuelle de 2021. 

Nous avons eu le plaisir de recevoir, de beaucoup d’entre vous, la confirmation que vous seriez avec nous pour cet événement. Nous sommes choyés de pouvoir compter sur un public en ligne aussi dynamique : des gens de partout au Canada et même d’ailleurs. Des ambassadrices et ambassadeurs, des dirigeantes et dirigeants d’organismes culturels et artistiques internationaux, des artistes, des travailleurs et travailleuses du domaine des arts, qui représentent tout un éventail de pratiques et de communautés, ainsi que des citoyennes et des citoyens passionnés qui, comme nous, sont convaincus de l’importance du rôle des arts dans notre société. 

J’aimerais d’abord reconnaître que nos bureaux sont situés sur le territoire non cédé de la Nation algonquine anishinaabe présente en ces lieux depuis des temps immémoriaux. 

Le Conseil reconnaît que les Algonquins sont les gardiens traditionnels du bassin hydrographique de la rivière des Outaouais et de ses affluents. Nous saluons leur longue tradition d’accueil dont ont bénéficié de nombreuses nations dans ce magnifique territoire, et le Conseil s’engage à défendre et à promouvoir la voix et les valeurs de notre nation hôte. 

Le Conseil respecte et affirme les droits fondamentaux et issus de traités de tous les peuples autochtones de l’ensemble de ce territoire. Il souscrit et continuera de souscrire aux engagements que nous avons pris envers les nations et peuples autochtones quant à la reconnaissance de l’autodétermination et de la souveraineté. 

Le Conseil reconnaît l’oppression historique exercée sur les territoires, les cultures et les premiers peuples de ce qui est appelé aujourd’hui le Canada et il croit ardemment que les arts contribuent au processus de guérison et de décolonisation que nous poursuivons ensemble. 

Cette reconnaissance territoriale a été rédigée par des membres de la communauté algonquine, et je les remercie de leur générosité et de leur collaboration. 

Au cours de la réunion d’aujourd’hui, des images défileront sur votre écran pour illustrer les propos des présentatrices et présentateurs. Les images présentées lors de la reconnaissance du territoire sont celles d’un canoë fabriqué à la main par Daniel Smith, un ancien algonquin. Le canoë est un symbole vivant de la présence autochtone et de la pérennité de ses cultures ainsi que de notre avenir commun sur cette terre. 

Ce canoë se trouve dans l’espace Âjagemô du Conseil des arts du Canada à Ottawa. 

Cette année, notre Assemblée publique est bien sûr toute particulière. Pour la première fois, en raison de la pandémie, elle est présentée en ligne seulement. Je tiens à vous assurer que la production de cette Assemblée respecte les directives émises par les autorités en matière de santé publique. 

En ces temps difficiles, nos pensées se tournent vers les artistes, les organismes et leur personnel et toutes les familles qui ont subi les contrecoups de cette pandémie. Depuis le début de la COVID-19, le Conseil, soyez-en assurés, fait tout en son possible pour minimiser les impacts de la crise au sein de la communauté artistique et pour l’appuyer. 

Aujourd’hui, différentes personnes s’adresseront à vous et parleront des différents sujets qui ont marqué cette année et qui marqueront la prochaine. 

Je serai la première à vous parler et je vous donnerai les grandes lignes des avancées de notre plan stratégique actuel et de nos travaux en vue de notre prochain plan stratégique. 

Vous entendrez par la suite le président du conseil d’administration Jesse Wente, la directrice générale de la Division des programmes de subventions aux arts, Carolyn Warren et le directeur et chef de la direction du Conseil, Simon Brault. 

Une période de questions suivra. Veuillez prendre note que les questions auxquelles nous répondrons nous sont toutes parvenues par courriel. Il nous est impossible de répondre à toutes les questions, mais si vous en avez d’autres, vous pouvez nous les faire parvenir à rétroaction@conseildesarts.ca après cette rencontre. 

Vous pourrez aussi réécouter les différentes allocutions dans les deux langues officielles sur notre site d’ici la fin février. 

J’aimerais remercier l’équipe de traduction simultanée, ainsi que les équipes d’interprètes de langue des signes en anglais et en français. 

Notre ordre du jour est rempli alors commençons sans plus tarder. 

Au début de notre plan stratégique qui couvre la période de 2016-2021, le Conseil s’est doté de plans ambitieux. Et je suis fière de dire que nos engagements totaux de 487 millions dans le secteur des arts sont en voie d’être réalisés. 

Nous avons atteint nos objectifs. Voyons comment. Je rappelle que ces réalisations reflètent nos activités en 2019-2020, soit avant la crise actuelle. En ce qui a trait à notre engagement pour un soutien accru aux arts et, plus précisément, l’investissement de 25 % du budget total des nouveaux fonds à de nouveaux bénéficiaires, nous avons non seulement atteint cette cible, mais l’avons dépassée. Pour ce qui est de l’engagement d’équilibrer les fonds entre les subventions de projets et les subventions de base, celui-ci a aussi été atteint. 

Je suis aussi ravie de rapporter que notre engagement de tripler l’investissement dans la création autochtone a aussi été réalisé. 

Celui de doubler le soutien aux projets internationaux a été surpassé et celui d’investir 88,5 M$ dans le numérique est en voie d’être atteint. Évidemment, en raison de la crise actuelle, les prochains résultats pour l’international varieront. 

Dès le début de la pandémie, le Conseil a mis sur pied plusieurs initiatives afin de soutenir le secteur artistique. Carolyn Warren vousparlera de ces initiatives ainsi que del’engagement numérique du Conseil un peu plus tard. 

Pour plus de détails, vous pourrez également visiter les pages consacrées aux engagements stratégiques du Conseil et lire les histoires qui rendent compte des projets des artistes, groupes et organismes artistiques sur notre site web. Ces histoires sont éloquentes à propos de la portée et de l’impact de nos investissements. Évidemment, notre rapport annuel 2019-2020, aussi publié sur notre site web, offre encore plus de détails. 

Nous avons commencé à planifier notre prochain plan stratégique il y a déjà plusieurs années. 

Afin de s’assurer que ce plan soit porteur pour l’avenir du secteur et ancré dans notre réalité, le Conseil a choisi de lancer un sondage, d’organiser des séances de discussions avec diverses communautés et avec les communautés autochtones de l’ensemble du Canada et, bien entendu, avec le personnel. 

Notre directeur et chef de la direction, Simon Brault,vous donnera plus de détails sur les grandes orientations de notre prochain plan stratégique, sur le contexte dans lequel il s’inscrit et sur les premières années de la mise en œuvre de ce plan, qui seront des années de transition et de reconstruction. 

J’aimerais maintenant vous présenter le président du conseil d’administration du Conseil : Jesse Wente. Jesse est entré en poste en juillet dernier en pleine pandémie. Il est en mesure d’apporter à la fois une nouvelle façon de voir les choses, et aussi une certaine continuité, puisqu’il faisait partie du conseil d’administration depuis 2017. 

Jesse est auteur, communicateur, conférencier, chef de file du domaine des arts et ardent défenseur des droits autochtones ainsi que des arts et de la culture des Premières Nations. Issu de la Nation anishinaabe, Jesse est devenu le premier président autochtone du Conseil des arts. 

Je laisse maintenant la parole à Jesse Wente. 

[Jesse Wente] 

Miigwetch Michelle. 

Et merci à tout le monde d’être ici aujourd’hui. 

Aujourd’hui, je m’adresse à vous de Tkaronto, lieu où les arbres rencontrent les eaux, territoire de l’entente de partage territorial du « Plat à une cuillère » liant des peuples autochtones. Cet accord a été conclu entre les Haudenosaunee et les Anishinaabe, mon peuple. Le « Plat à une cuillère » est porteur de plusieurs enseignements. Le plat est le lieu que nous partageons, et la cuillère – oui la cuillère et pas le couteau– est ce que nous avons le droit d’utiliser. Et on ne prend qu’une bouchée, pour que les autres puissent aussi se servir. 

C’est une leçon très ancienne, qui a permis de préserver la paix entre nos nations pendant des siècles. Elle s’applique encore aujourd’hui, et elle nous rappelle l’importance du partage, de la réciprocité et de la considération envers les communautés dont nous sommes issus, et envers celles que nous créons ensemble. 

C’est un honneur et un grand plaisir de me joindre à vous pour la première fois en tant que président du Conseil des arts du Canada. 

C’est un début de mandat assez… intéressant, mais je suis très fier du travail accompli par le Conseil durant cette année remplie de défis. 

Quand je pense aux façons dont un président peut influencer un organisme comme le Conseil, évidemment, certains points me viennent en tête spontanément : le processus de planification stratégique en cours, par exemple. Je pense aussi à la manière dont nous pouvons aborder les problèmes auxquels nous sommes confrontés et les perspectives que nous apportons pour relever les défis et saisir les occasions prometteuses, afin d’influencer la voie à suivre dans un organisme comme celui-ci. Le rôle du président se joue certainement au sein du conseil d’administration, mais aussi au sein des communautés que le Conseil sert et avec elles. J’ai hâte que nous puissions nous rassembler, moi et mes collègues du Conseil, avec la remarquable communauté artistique que nous soutenons, et avec le grand public, dont nous faisons toutes et tous partie. 

Je veux aussi souligner que ma présence ici est unique. En tant que premier président autochtone d’une société d’État, cette responsabilité me tient d’autant plus à cœur. Il est important que nous, les Autochtones, occupions des postes de leaders dans les institutions et les organismes qui ont des répercussions sur nous, et j’espère que ma présence ici sera un pas de plus dans ce cheminement auquel nous participons toutes et tous. 

Au fil de ce parcours, nous sommes arrivés à un moment où les inégalités sont devenues évidentes pour nous toutes et nous tous. Un moment où le racisme contre les Noirs et les Autochtones a éclaté au grand jour. Nous devons toutes et tous lutter contre ce racisme. 

Et cela, alors que la planète continue de lutter contre la pandémie en cours, qui n’a fait qu’exacerber les iniquités existantes. 

Nous sommes arrivés à un tournant, ou peut-être même plusieurs tournants, et bien qu’il y ait beaucoup de pain sur la planche, nous avons néanmoins la chance de pouvoir changer et de le faire de façon audacieuse. Les arts sont en bonne posture pour mener ce changement. Et c’est déjà commencé : les artistes sont toujours à l’avant-garde et nous guident au-delà des moments charnières. 

Le Conseil a un rôle important à jouer alors que le secteur évolue. Il soutient les artistes et les organismes qui se réorientent en fonction de nouvelles réalités et pratiques exemplaires. Le Conseil doit lui-même continuer d’évoluer pour s’assurer qu’il sert sa communauté d’artistes et d’organismes en ce moment et dans un avenir où les visées et les potentiels seront renouvelés. 

Oui, il y a beaucoup à faire. Et, oui, nous nageons en eaux inconnues. Mais nous devons accepter cette réalité sans crainte, comme une promesse. Nous savons que nous pouvons changer. Nous savons que nous pouvons nous adapter. Nous savons que nous pouvons améliorer les choses. Pour autant que nous nous concentrions sur ces choses que nous savons, il n’y a pas grand-chose à craindre de ce que nous ignorons. 

J’aimerais remercier le gouvernement du Canada de sa confiance soutenue envers le Conseil et le travail que nous faisons. 

Je voudrais aussi rendre hommage au travail fantastique et au dévouement du personnel du Conseil, de son équipe de direction, du directeur et chef de la direction, Simon Brault, et de mes collègues du conseil d’administration au cours de la dernière année. Ils ont su répondre à la pandémie tout en poursuivant leurs activités habituelles. C’était superbe à voir, et je suis immensément fier du travail accompli par le personnel et la direction durant cette période éprouvante. Chi miigwetch. 

J’ai hâte de vous revoir. 

J’aimerais maintenant présenter Carolyn Warren, directrice générale des Programmes de subventions aux arts, qui va nous parler des activités du Conseil durant cette pandémie. 

[Carolyn Warren] 

Merci, Jesse. 

Au Conseil, je supervise les programmes de subventions et les initiatives stratégiques qui favorisent la création, la distribution et la promotion des arts au Canada et à l’étranger. 

Comme vous le savez sûrement, nous avons revu nos priorités cette année, puisque la COVID-19 a exercé – et continue d’exercer, bien sûr – une pression importante sur le milieu des arts : 

  • De nombreux lieux consacrés à la culture ont dû limiter l’accès au public ou fermer leurs portes; 
  • Des événements artistiques nationaux et internationaux ont dû être annulés ou reportés; 
  • Les artistes ont dû renoncer à de précieuses occasions de travailler ou d’interagir avec leur public. 

Tout cela a eu des répercussions importantes sur le fonctionnement des organismes et sur le gagne-pain d’innombrables artistes et travailleuses et travailleurs du domaine. 

Tout au long de cette période très difficile, j’ai été frappée par les différentes manières dont les personnes qui travaillent dans le milieu artistique se sont adaptées pour continuer à créer et à diffuser leurs œuvres. Certaines ont proposé des expériences artistiques extérieures. D’autres ont trouvé de nouvelles façons sécuritaires de créer ou de répéter. Enfin, plusieurs se sont tournées vers les plateformes numériques pour joindre les publics. 

J’ai aussi entendu des artistes et des travailleuses et travailleurs culturels qui se rencontrent régulièrement en ligne pour discuter de leurs difficultés communes et pour s’épauler durant ces moments difficiles d’isolement. Ces occasions d’entretenir des liens tout au long de la crise ont été primordiales, et continuent de l’être, et elles ont donné lieu à de nouvelles réflexions pour l’avenir. 

Le Conseil des arts est demeuré à votre écoute afin d’adapter son soutien et de répondre aux besoins les plus pressants en cette période de crise. 

Depuis mars, nous avons lancé plusieurs initiatives de soutien, dont : 

  • 55 M$ en soutien d’urgence aux organismes; et, 
  • 7,8 M$ supplémentaires aux organismes des communautés autochtones, de la diversité culturelle, des personnes sourdes et handicapées et de langue officielle en situation minoritaire. 

Nous avons aussi lancé Connexion création, un programme qui offrait des microsubventions pour l’innovation à des artistes, à des groupes et à des organismes afin d’adapter leurs œuvres à la diffusion en ligne. Bon nombre de ces subventions ont été remises à des artistes qui n’avaient jamais été financés par le Conseil auparavantet de divers horizons. Réalisée en partenariat avec CBC/Radio-Canada, cette initiative a permis de présenter en ligne certains projets. Je vous invite à les découvrir à l’adresse ici.radio-canada.ca/connexion-creationqui apparaît à l’écran. 

Nous avons aussi adapté notre travail à l’international, notamment en Allemagne et pour les festivals d’Édimbourg, afin de nous assurer que les arts du Canada demeuraient connectés au monde entier – pour accroître et approfondir nos engagements auprès de la communauté mondiale, tout en continuant à appuyer les artistes et les organismes qui s’intéressaient de plus près à leurs communautés et publics locaux. 

Les plateformes numériques ont joué un grand rôle dans cette adaptation à l’international. On constate que de nouvelles collaborations transnationales prennent forme, en arts comme dans tous les secteurs, y compris en science. Nous avons bien vu cela dans la collaboration internationale dans les recherches pour un vaccin contre la COVID-19. 

Avec l’arrivée des vaccins, nous voyons la lumière au bout du tunnel, et une occasion de renouveler et de rebâtir le secteur artistique, pour nous assurer que les diverses façons dont l’art est créé, partagé et vécu au Canada sont novatrices, équitables, au cœur de notre société, et, ultimement, plus durables. 

Le Conseil des arts du Canada s’engage à faire tout ce qu’il peut pour concrétiser cette vision d’un secteur artistique renouvelé. 

Je vais maintenant passer la parole à Simon Brault, directeur et chef de la direction du Conseil des arts du Canada, afin qu’il prépare le terrain pour notre prochain Plan stratégique, qui guidera notre travail dans le secteur des arts, alors que nous émergeons de cette crise et que nous sommes confrontés à de nouvelles réalités, au pays comme ailleurs. 

À vous toutes et tous, artistes, travailleuses et travailleurs du secteur, amateurs et amatrices d’art, merci de votre courage, de votre résilience, de votre créativité, et de votre engagement à placer l’art au cœur de nos vies. 

[Simon Brault] 

Merci Carolyn. 

Comme l’ont souligné Michelle, Carolyn et Jesse, la situation actuelle exige d’examiner avec lucidité le fonctionnement de systèmes dont les limites ont été mises en relief par la pandémie. Un tel examen permettra de jeter des bases plus justes, équitables, inclusives et durables pour le secteur des arts. 

Évidemment, pour y arriver, nous devrons concilier détermination et réalisme. L’importante précarité du secteur des arts est aujourd’hui criante. Depuis plus de 10 mois, le secteur subit les dures conséquences économiques et psychologiques des mesures sanitaires qui ont objectivement freiné son essor. 

Aussi, le Conseil doit à la fois continuer de porter secours aux artistes et aux organismes qui en ont urgemment besoin et se préparer à les accompagner dans une transition vers un monde post-pandémique. On ne doit pas reproduire les iniquités et les failles qui grevaient de plus en plus le développement, le rayonnement et la reconnaissance du secteur des arts. 

Depuis l’été dernier, nous avons sondé le milieu et organisé de nombreuses séances de dialogue en vue de notre prochain plan stratégique. J’ai moi-même eu le privilège d’assister à plusieurs de ces rencontres. 

J’y ai entendu les participantes et participants exprimer leurs inquiétudes grandissantes face à l’avenir. J’ai pris note des souhaits quant à l’augmentation, à la prévisibilité, à la diversification et à la pérennité de nos subventions. Mais j’ai surtout été frappé par le fait que les échanges ont très rapidement porté sur le rôle de leadership attendu du Conseil. Des artistes et des dirigeantes et dirigeants d’organismes de toutes les régions du Canada, de différents champs de pratique artistique et de divers horizons ont insisté sur l’importance grandissante de notre rôle au-delà du financement. 

Plusieurs ont souhaité que le Conseil influence le cours des choses en matière de politiques publiques et d’investissements gouvernementaux pour faire avancer différents éléments de notre développement comme société. Parmi ceux-ci, il a notamment été question : 

  • De combler la fracture numérique pour les créateurs et les publics; 
  • D’améliorer le filet de sécurité sociale pour les artistes et les travailleuses et travailleurs culturels; 
  • De promouvoir la présence accrue et soutenue des arts et de la littérature à l’école; 
  • De s’assurer de la prise en compte des arts et de la culture dans les stratégies économiques, le commerce international, la diplomatie publique ou les stratégies environnementales du Canada, et j’en passe. 

D’ailleurs, nous venons tout juste de publier le rapport résumant ces discussions, vos réponses à notre sondage sur nos orientations stratégiques et les propositions que nous avons reçues. Nous vous encourageons à le lire. 

Je crois que nous nous entendons toutes et tous pour dire que ladite « normalité » qui précédait la crise actuelle n’est pas et ne devrait pas être notre prochaine destination. 

D’une part, plusieurs approches développées dans l’urgence en 2020, notamment en matière de diffusion numérique, sont bien là pour rester. D’autre part, certains problèmes structurels qui compromettaient déjà la viabilité et le rayonnement du secteur doivent être progressivement résolus. Pour cela, il est clair qu’il faudra :

  • Miser sur le renouvellement, la reconstruction et l’innovation; 
  • Chercher à contribuer à l’avancement de la diversité, de l’inclusion, de nos responsabilités sociales, notamment en matière de justice sociale et climatique, et cela, au sein et en dehors de notre secteur; 
  • Enfin, il nous faudra aussi accroître et encourager les collaborations et les partenariats avec d’autres secteurs. 

Je crois que c’est là la façon la plus sûre de donner aux arts et à la culture une place plus importante à toutes les tables de discussion où se dessine et se joue l’avenir de notre société. 

Nous ne préconiserons pas de formules toutes faites. Nous prévoyons plutôt diverses formes d’investissement et d’accompagnement pour mener à des solutions et des modèles innovants.

L’innovation sera au cœur du grand chantier que nous mettrons en œuvre pour contribuer à la relance du secteur des arts au cours des prochaines années. L’innovation assurera une transition et une reconstruction sur des bases durables. L’innovation nécessite que nous identifiions, acceptions et comprenions les problèmes à résoudre. On cesse d’innover quand on accepte le statu quo comme un mode de fonctionnement et qu’on s’en accommode ou, pire, quand on cherche à le justifier. 

Déjà le grand chantier auquel nous vous convions toutes et tous commence à prendre forme. Je voudrais ici, en mettre les grandes lignes en exergue : 

  • Nous soutiendrons une présence accrue des perspectives autochtones dans toutes les activités et les politiques du Conseil tout en continuant de progresser dans notre propre processus de décolonisation que nous voulons à la fois conséquent et exemplaire; 
  • Nous travaillerons avec les communautés qui sont les plus concernées par le racisme systémique pour s’attaquer aux manifestations et aux conséquences systémiques au sein du Conseil et du secteur des arts; 
  • Nous continuerons de miser sur la dimension numérique dans l’ensemble de nos programmes et aussi à allouer des investissements importants pour soutenir la transition numérique du Conseil et du secteur; 
  • Nous défendrons une rémunération équitable des artistes, notamment dans la sphère numérique, et nous défendrons aussi un accès public équitable aux arts; 
  • Nous appuierons la recherche, le développement ainsi que la prise de risques pour permettre au secteur d’œuvrer de façon continue à son propre renouvellement; 
  • Nous appuierons des initiatives qui favorisent le renouvellement et la consolidation d’un leadership basé sur la compétence et reflétant la diversité du secteur et de notre société; 
  • Nous contribuerons à outiller le secteur pour le développement de pratiques de création et de diffusion écoresponsables; 
  • Nous lancerons des initiatives stratégiques et miserons sur des partenariats locaux pour répondre aux réalités du Nord, notamment en qui a trait à la création artistique et au partage des arts, et, aussi, pour joindre des communautés mal desservies et leur donner un accès égal aux arts. 

Nous sommes engagés dans une grande transition vers une reconstruction d’un secteur plus juste, équitable et durable. Nous continuerons d’appuyer et d’accompagner le secteur durant cette transition en faisant, comme nous l’avons toujours fait, preuve d’agilité, d’empathie et de détermination. 

S’il est une seule leçon que nous devons tirer de la crise actuelle, c’est celle du caractère essentiel des arts dans nos vies, un besoin fortement exprimé par la population et, évidemment, par les artistes. Il y a urgence à préserver et reconstruire notre secteur pour répondre à ce besoin essentiel. 

En décembre dernier, j’ai invité les artistes, groupes et organismes artistiques à préparer des projets qui créent des emplois. Je lançais cette invitation pour que la communauté soit prête à répondre à l’initiative que nous lancerons avec les fonds supplémentaires pour le Conseil que le gouvernement a annoncés dans son dernier énoncé économique. Soyez prêts!

Enfin, je veux remercier tous les artistes, les organismes, nos différents partenaires, les membres du grand public et, bien entendu les membres du conseil d’administration ainsi que le personnel du Conseil des arts, qui ont participé aux discussions et au sondage en vue de notre prochain plan stratégique. Ce plan sera à la hauteur des ambitions du secteur et de son immense potentiel de contribution à notre développement collectif et, surtout, à un avenir plus juste, équitable, inclusif et durable. 

J’ai hâte d’entendre vos questions et je lance maintenant la période de questions. Nous sommes prêts à répondre à vos questions. 

[Éliane Laberge] 

Merci, Simon. 

Je m’appelle Éliane Laberge, et je suis la coordonnatrice, Communautés et engagement numérique au Conseil des arts du Canada. 

Pour l’APA de cette année, nous vous avons demandé d’envoyer vos questions par courriel avant l’événement. Nous vous avons aussi invités à vous joindre à la conversation sur Twitter, avec les mots-clics #CanadaCouncil21 et #Conseildesarts21. 

Nous avons reçu plus de 70 questions avant l’APA, un nombre record pour nous. 

Bien sûr, comme Michelle l’a mentionné au début de l’Assemblée, nous ne pouvons pas répondre à toutes les questions reçues, mais il vous est toujours possible de faire un suivi après l’événement, ou à tout moment au cours de l’année, en écrivant à : feedback@canadacouncil.ca ou à retroaction@conseildesarts.ca. 

J’aimerais aussi mentionner que les questions reçues au sujet de demandes de subvention précises ont été transmises au personnel des programmes avant l’événement. 

Nous avons également reçu des questions sur les déductions fiscales et les programmes de subventions. Si vous avez des questions sur ces sujets, nous vous encourageons à consulter notre site web ou à communiquer avec le personnel des programmes. 

Parmi les autres questions, nous avons sélectionné plusieurs questions qui représentent des thèmes qui intéressent plusieurs d’entre vous. 

Sans plus tarder, je commencerai cette portion de questions-réponses avec notre première question. 

Nous avons reçu plusieurs questions à propos de l’impact de la COVID-19 sur la stratégie de financement du Conseil et de ses programmes. 

Pour traiter de ce vaste sujet, je vais commencer par une question posée par Adam Basanta. La question est représentative de questions semblables. Elle traite du financement versé aux artistes individuels par rapport au financement des organismes, et de la redistribution des fonds prévus pour les déplacements, qui n’ont pas été dépensés alors que ces subventions ont été suspendues par le Conseil. 

Adam demande :« En 2019-2020, aucune subvention de déplacements n’a été accordée. Cet argent a-t-il été redistribué à d’autres programmes, si oui, comment? » 

Je vais demander à ma collègue Carolyn Warren de briser la glace en répondant à cette question. 

[Carolyn Warren] 

Merci Éliane. Avant que je commence à répondre, je veux dire que les gens ont eu des problèmes techniques et ont eu du mal à avoir accès à la diffusion en direct de cette rencontre. Vous aurez accès à l’enregistrement plus tard et nous nous en excusons. Mais, voici les aléas techniques juste à un moment clé où on voudrait que tout se passe en douceur. Toutes mes excuses. J’espère que vous pourrez prendre connaissance du contenu plus tard. 

À la question posée par Adam, d’abord mes remerciements, à savoir comment nous comptons répartir les fonds relatifs aux subventions permettant les déplacements et les voyages. D’abord oui, ces fonds ont été redistribués, mais en fait, quelques subventions de déplacements avaient déjà été accordées en 2019 et au début de 2020, avant les restrictions du mois de mars. Bien entendu, après l’apparition de la pandémie, et la prolongation des interdictions de voyager, le nombre de demandes a diminué considérablement, et nous avons suspendu les dates limites de nosconcours pour les déplacements. Les fonds ont été réacheminés à d’autres programmes, en plus de quelque quatre millions de dollars en économies. Ces fonds ont été affectés essentiellement aux artistes individuels aux fins de recherche, de création et de production de projets, dans le cadre de notre programme Explorer et créer. Cela a été extraordinaire de voir que nous avons reçu un nombre important de demandes – sans précédent, soit quelque 8 600. Plus de 3 000 subventions seront donc accordées partout au pays cette année. 

Je veux aussi mentionner qu’au fur et à mesure que nous étudiions ces demandes, nous nous sommes rendu compte que bon nombre de candidats, en raison du confinement prolongé et des restrictions entourant les déplacements, se sont tournés vers des plateformes électroniques permettant la création et la collaboration. Non seulement à l’échelle locale ou nationale, mais également sur le plan international. Il y a par ailleurs des activités hybrides qui combinent le virtuel et le réel, comme des visites de studios, des ateliers, des tournées virtuelles, et même des performances. Alors merci encore, Adam. 

[Éliane Laberge] 

Merci infiniment Carolyn. Merci beaucoup. Comme Carolyn l’a dit, nous éprouvons des difficultés techniques et nous prendrons une pause de cinq minutes pour permettre d’améliorer votre expérience. Comme mentionné au début, nous avons quelques problèmes techniques. Nous allons prendre une petite pause de cinq minutes pour résoudre la situation et faire en sorte que le plus grand nombre d’entre vous puisse suivre l’événement avec nous, et la période de questions. Alors on vous remercie beaucoup de votre patience et de votre compréhension et on est de retour avec vous très bientôt. Merci. 

Bonjour à tous. Bonjour tout le monde, désolée pour ce problème technique et merci de votre patience. Merci de votre patiencealors que nous étions à résoudre ceproblème technique. 

Nous allons poursuivre la période de questions. 

La prochaine question a été posée par Julie Hétu, qui s’inquiète du fait que les fonds d’urgence du Conseil aient été largement orientés vers le soutien aux organismes et la création d’œuvres numériques, plutôt que sur un appui direct aux artistes. Elle mentionne que : « Un artiste, écrivain, danseur, etc., ne cherche pas constamment à se réinventer, il ne cherche pas non plus à innover du point de vue technologique (il se servira de la technologie si cela lui parle, mais pas comme une fin en soi). Se tourner vers le numérique pour survivre nous force la main, alors que nos démarches artistiques ne sont pas la technique. » 

Elle pose ensuite la prochaine question : « Pourquoi les organismes et le développement du numérique est une priorité sur le soutien aux artistes? » 

J’aimerais demander à Simon Brault d’y répondre s’il vous plaît. 

[Simon Brault] 

Merci Julie Hétu pour la question. La première chose à dire, c’est que dès le début de la pandémie, si on se rappelle bien, le gouvernement fédéral a annoncé des mesures de soutien universelles pour les individus et pour les organisations. Au Conseil des arts, ce qu’on a fait à ce moment-là, ça a été beaucoup de plaider avec succès pour que les travailleurs autonomes qui représentent une grande partie des artistes au Canada (artistes et concepteurs, conceptrices, techniciens, techniciennes), on a vraiment plaidé pour que les travailleurs autonomes soient couverts par les mesures universelles. Et aussi pour que les entreprises culturelles, souvent des organismes à but non lucratif soient aussi couverts par les mesures universelles du gouvernement qui s’adressaient aux entreprises. 

Par la suite, on a beaucoup concentré effectivement notre aide, au début, aux organismes, avec nos propres fonds et avec des fonds d’urgence pour s’assurer que le secteur ne s’effondre pas, n’implose pas avec la pandémie, et aujourd’hui on réalise depuis quelques mois en particulier, que beaucoup d’organismes ne sont pas capables de générer un niveau d’activité qui fait que les artistes travaillent. Donc on attend présentement le troisième montant d’aide pour le Conseil des arts du Canada qui a été annoncé dans l’Énoncé économique de l’automne par la ministre Freeland, et notre intention, c’est vraiment de concentrer cette aide-là pour soutenir des projets artistiques qui vont générer de l’emploi pour les artistes et leurs collaboratrices et collaborateurs. 

On attend le moment où on va pouvoir annoncer les détails, mais on va vraiment passer, dans les mesures d’urgence. Notre accent va se transférer du soutien aux organisations au soutien plus aux individus et aux projets qui génèrent de l’emploi. 

En ce qui concerne le numérique, on en a effectivement beaucoup parlé depuis le début de la pandémie, et pour cause, parce que les publics et les artistes ont vu dans le numérique un des rares moyens pour établir et maintenir une communication et distribuer les contenus artistiques et littéraires. 

Je dois dire quand même, et c’est important à retenir, que depuis le début de la pandémie, le Conseil des arts n’a pas investi plus que 11 % de ses ressources totales pour soutenir des projets spécifiquement numériques. Donc 89 % de toutes nos subventions sont allés à des projets de création, de développement, de recherche, au fonctionnement des organismes, des projets non spécifiquement numériques.

[Éliane] 

Merci, Simon.Voilà notre prochaine question. 

Tina Lameman demande : « Comment l’industrie du cinéma, ou le secteur artistique en général, fait pour vérifier si une personne est réellement autochtone? » 

Je voudrais poser cette question à notre président, Jesse Wente. 

[Jesse Wente] 

Merci beaucoup, Tina pour votre question. C’est évidemment un enjeu assez nuancé, assez sensible et assez délicat, et il faut l’aborder dans une perspective de réduction des torts. Les pratiques exemplaires dans le secteur culturel tendent à s’appuyer sur une forme ou une autre d’auto-identification. De telles politiques sont toujours en évolution. L’organisme que je dirige, par exemple, qui est dans le domaine du film, soit le Bureau de l’écran autochtone,cherchera à étudier cet enjeu et nous le ferons avec APTNdans les mois à venir, et cela pour faire évoluer nos propres politiques face à cet enjeu.Nous entamerons une discussion avec les aînés et des experts du domaine. Et par la suite, cette initiative sera élargie à la collectivité à l’été pour obtenir des orientations. Une politique en découlerait à l’automne. Bien que cela serait propre aux politiques du Bureau de l’écran autochtone et du secteur du film, je pense certainement qu’une institution telle que le Conseil des arts tirerait profitde ce processus de mobilisation de la communauté,qui s’axe autour de l’autodétermination des Premières Nations, des Métis et des Inuits. Je crois donc que le Conseil pourra tirer des leçons de ce processus, qu’il le regardera et orientera ses propres politiques à la lumière de ce qui sera fait. Voilà le plan. 

C’est un enjeu qui est là depuis longtemps, depuis très longtemps en ces terres, et continuera d’exister. Nous voulons collaborer avec nos collectivités pour nous assurer de bien les servir, du mieux que nous pouvons.Chi Miigwetch. Merci pour cette question. 

[Éliane Laberge] 

Chi Miigwetch, Jesse. Passons à la prochaine question. 

Comme plusieurs personnes au cours de cette pandémie, le Conseil a dû modifier sa façon de travailler – et un grand nombre de notre personnel travaille désormais à distance. 

Ces faits ont inspiré Patricia Huntsman, qui a posé la question suivante : « Comme les organismes ont prouvé qu’ils pouvaient s’ajuster au télétravail, le Conseil va-t-il envisager un modèle décentralisé pour une partie de ses opérations, de sa prestation de programme et de sa dotation, notamment en distribuant ses rôles dans des régions de partout au pays? » 

Je vais diriger cette question à Simon Brault. 

[Simon Brault] 

Merci,Patricia,pour cette question. Comme vous le savez, le Conseil des arts, à l’instar de plusieurs institutionsau pays, a été touché par la pandémie. Néanmoins, nous avons été chanceux de pouvoir nous adapter très rapidementau télétravail, et nous avons pu répondre aux besoins de la collectivité, en dépit du fait que nous travaillions d’une manière tout à fait nouvelle. 

Nous avons en fait prouvé au fil des 10 mois écoulés que nous pouvons faire beaucoup de travail en situation de télétravail. Ce qu’on essaie de faire, à ce moment-ci, c’est essayer d’envisager ceà quoi ressemblera le Conseil des arts après la pandémie. Ce n’est pas une question à laquelle nous avons pleinement répondu. Mais nous croyons que nous adopterons un modèle hybride qui serait une combinaison de télétravail et d’un usage différent de nos locaux ici à Ottawa. Et aussi un modèle asymétrique. Parce que, différentes tâches et différentes équipes pourraient travailler différemment. Nous ne voulons pas imposer un seul modèle hybrideà tout le monde au Conseil. 

Cela étant dit, même si nous ne cherchons pas à décentraliser le Conseil pour ce qui est de la prestation de serviceset tout le reste, nous sommes bien conscients que nous avons acquis beaucoup plus de flexibilité quant à la manière de travailler. Et cela nous permet d’envisager que certains de nos membres travailleraient hors de la région de la capitale nationale quand cela répond aux besoins du Conseil. Par exemple, nous savons que pour être plus présents dans certaines régions du pays, comme le Nord, il serait envisageable que des agents de programme travaillent dans ces régions pour renforcer la présence et la capacité de travail du Conseil. Donc au fil des mois à venir, nous déterminerons ce qui sera le nouveau modèle pour après la pandémie, et nous ferons des embauches. Nous verrons, au cas par cas,à quel point nous pourrons faire preuve de flexibilité pour ce qui est des arrangements du télétravail ou du travail en région hors d’Ottawa. L’idée toujours serait de s’assurer que le Conseil des arts continue d’offrir des services aux collectivités, tout en continuant à maintenir un dialogue avec les communautés artistiques, et ce, sur ce territoire très vaste et à l’avenir. 

Restez à l’affût! 

[Éliane Laberge] 

Merci, Simon. Et maintenant, notre dernière question. 

Dans l’esprit des importantes conversations qui ont lieu au Canada, et partout dans le monde, sur le racisme envers les personnes noires, nous avons reçu la question suivante de Rehaset Yohanes : 

« Compte tenu de l’attention mondiale portée récemment aux inégalités systémiques vécues par les personnes noires, y aura-t-il du financement exclusivement consacré aux artistes noirs du Canada dans le prochain cycle de subventions? » 

Maintenant, cette question, je la pose à mon tour àma collègue, Carolyn Warren. 

[Carolyn Warren] 

(En sourdine). Mes excuses. Merci Éliane. Merci à Rehaset Yohanes pour sa question. Oui, nous continuerons à consacrer des fonds spécifiquement pour soutenir l’équité, pas seulement pour le prochain cycle, mais pour toujours. Le Conseil est convaincu que nous devons tous agir, individuellement et en tant que groupe, pour créer une société qui ne ferait aucune place au racisme, et en tant qu’organisme de financement public, nous sommes déterminés à promouvoir l’équité raciale et à créer un secteur des arts et une société véritablement inclusifs. 

La création artistique ne peut pas s’isoler de la réalité historique et des injustices. On doit lereconnaître et trouver des solutions. Nous croyons que nous pouvons faire avancer et respecter l’expression de la liberté artistique, tout en faisant la promotion de l’équité. Nous avons des mesures stratégiquesd’équité en place, nous avons des fonds qui ciblent des groupes désignés comme prioritaires, des artistes et des organismesartistiques de diverses communautés culturelles, y compris celles des personnes noires. Je crois qu’il est important de réitérer que nos pairs évaluateurs sont sélectionnés de manière à représenter une diversité d’horizons et d’expériences. 

Nous demandons aussi aux pairs, dans leur évaluation en comité, detenir compte des contextes historiques, y compris desobstacles systémiques vécus par les groupes visés par l’équité. Il est aussi important de noter qu’une condition d’obtention d’une subvention est que le bénéficiaires’engage à fournir un milieu sécuritaire et exempt de discrimination. Je crois qu’il serait juste de dire que le Conseil pense que l’inclusion et la diversité sont essentielles à la pérennité du secteur de l’art, à sa pertinence et à sa viabilité, à la sortie de cette pandémie. Et cela sera un aspect clé de notre prochain Plan stratégique. C’est avec plaisir que j’envisage de travailler avec la communauté artistique noire pour aborder des mesures tangibles pour appuyer les artistes canadiens noirs et lutter contre le racisme. Merci encore de votre question. 

[Michelle Chawla] 

Merci Carolyn et Éliane. 

Afin de conclure notre période de questions, j’aimerais souligner que nous avons reçu plusieurs questions qui traitaient de notre façon d’aborder diverses formes de discrimination – dans notre travail au Conseil, dans le secteur des arts et dans l’ensemble de la société. 

La pandémie a mis en lumière plusieurs inégalités vécues partout au Canada. Ces inégalités se rapportent à la race, à l’autochtonie, au handicap, au genre, à la sexualité, à l’âge et à la langue – entre autres – et aux diverses intersections de l’identité. 

Nous sommes conscients que vos questions sur la discrimination méritent toute notre attention – bien plus que les courtes réponses que nous pouvons fournir lors d’une Assemblée. 

Nous souhaitons rappeler que la lutte contre la discrimination sera au cœur de notre Plan stratégique 2021-2026 et de notre travail pour les prochaines années. 

Nous sommes déterminés à travailler avec les différentes communautés confrontées à la discrimination alors que nous balisons le chemin à suivre, ensemble, pour nous assurer que les arts soient ouverts à tous et à toutes. 

Ce travail à venir demande de la réflexion, de l’intelligence, de la rigueur, de la compassion et de la collaboration. Il exigera aussi d’établir de nouvelles relations, et d’améliorer nos liens existants. 

À première vue, ces efforts peuvent sembler intimidants, et même décourageants. D’autant plus que la pandémie a mis à rude épreuve la santé physique et mentale de tant de personnes. 

D’ailleurs, nous portons dans nos cœurs et nos pensées ceux et celles qui ont perdu des êtres chers durant cette pandémie. 

Alors que nous mettrons derrière nous ces moments difficiles, les arts auront un rôle important à jouer. J’ai hâte de travailler de concert avec vous pour que les arts puissent jouer leur rôle aussi pleinement que possible. 

Sur ce, il est temps de terminer cette Assemblée. 

Je souhaite remercier tous ceux et celles qui ont pris la parole avec nous.Je remercie nos présentateurs. 

Les discours de l’événement seront publiés sur notre site web bientôt, et nous diffuserons également un enregistrement de l’Assemblée sur notre site. 

C’est ce qui conclut notre Assemblée.Prenez bien soin de vous. Merci.