Discours de Jesse Wente lors de l’Assemblée publique annuelle de 2021

26 janvier 2021

Ajourd’hui, je m’adresse à vous de Tkaronto, lieu où les arbres rencontrent les eaux, territoire de l’entente de partage territorial du « Plat à une cuillère » liant des peuples autochtones. Cet accord, plus ancien que le Canada, a été conclu entre les Haudenosaunee et les Anishinaabe, mon peuple. Le « Plat à une cuillère » est porteur de plusieurs enseignements. Le plat est le lieu que nous partageons, et la cuillère – oui la cuillère et pas le couteau – est ce que nous avons le droit d’utiliser. Et on ne prend qu’une bouchée, pour que les autres puissent aussi se servir.

C’est une leçon très ancienne, qui a permis de préserver la paix entre nos nations pendant des siècles. Elle s’applique encore aujourd’hui, et elle nous rappelle l’importance du partage, de la réciprocité et de la considération envers les communautés dont nous sommes issus, et envers celles que nous créons ensemble.

Réflexions sur le rôle du président

C’est un honneur et un grand plaisir de me joindre à vous pour la première fois en tant que président du Conseil des arts du Canada.

Le début de mon mandat a été mouvementé, mais je suis très fier du travail accompli par le Conseil durant cette année remplie de défis.

Quand je pense aux façons dont un président peut influencer un organisme comme le Conseil, évidemment, certains points me viennent en tête spontanément : le processus de planification stratégique en cours, par exemple. Je pense aussi à la manière dont nous pouvons aborder les problèmes auxquels nous sommes confrontés et les perspectives que nous apportons pour relever les défis et saisir les occasions prometteuses, afin d’influencer la voie à suivre dans un organisme comme celui-ci. Le rôle du président se joue certainement au sein du conseil d’administration, mais aussi au sein des communautés que le Conseil sert et avec elles. J’ai hâte que nous puissions nous rassembler, moi et mes collègues du Conseil, avec la remarquable communauté artistique que nous soutenons, et avec le grand public, dont nous faisons toutes et tous partie.

Je veux aussi souligner que ma présence ici est unique. En tant que premier président autochtone d’une société d’État, cette responsabilité me tient particulièrement à cœur. Il est important que nous, les Autochtones, occupions des postes de leaders dans les institutions et les organismes qui ont des répercussions sur nous, et j’espère que ma présence ici sera un pas de plus dans ce cheminement auquel nous participons toutes et tous.

Un moment charnière pour les arts

Au fil de ce parcours, nous sommes arrivés à un moment où les inégalités sont devenues évidentes pour nous toutes et nous tous. Un moment où le racisme contre les Noirs et les Autochtones a éclaté au grand jour. Nous devons toutes et tous lutter contre ce racisme.

Et cela, alors que la planète continue de lutter contre la pandémie en cours, qui n’a fait qu’exacerber les inégalités existantes.

Nous sommes arrivés à un tournant, ou peut-être même plusieurs tournants, et bien qu’il y ait beaucoup de pain sur la planche, nous avons néanmoins la chance de pouvoir changer les choses et de le faire de façon audacieuse. Les arts sont en bonne posture pour mener ce changement. Et c’est déjà commencé : les artistes sont toujours à l’avant-garde et nous guident au-delà de ces moments charnières.

Le Conseil a un rôle important à jouer alors que le secteur évolue. Il doit soutenir les artistes et les organismes qui se réorientent en fonction de nouvelles réalités et pratiques exemplaires. Le Conseil doit lui-même continuer d’évoluer pour s’assurer qu’il sert sa communauté d’artistes et d’organismes en ce moment et dans un avenir où les visées et les potentiels seront renouvelés.

Oui, il y a beaucoup à faire. Et, oui, nous nageons en eaux inconnues. Mais nous devons accepter cette réalité sans peur, comme une promesse. Nous savons que nous pouvons changer, nous savons que nous pouvons nous adapter, et nous savons que nous pouvons améliorer les choses. Pourvu que nous nous concentrions sur ces choses que nous savons, il n’y a pas grand-chose à craindre de ce que nous ignorons.

Remerciements

J’aimerais remercier le gouvernement du Canada de sa confiance soutenue envers le Conseil des arts et le travail que nous faisons.

Je voudrais aussi souligner le travail fantastique et le dévouement du personnel du Conseil, de son équipe de direction, du directeur et chef de la direction, Simon Brault, et de mes collègues du conseil d’administration au cours de la dernière année. Ils ont su répondre à la pandémie tout en poursuivant leurs activités habituelles. C’était superbe à voir, et je suis immensément fier du travail accompli par le personnel et la direction durant cette période éprouvante. Chi Miigwetch.

J’ai hâte de vous revoir.

J’aimerais maintenant présenter Carolyn Warren, directrice générale des Programmes de subventions aux arts, qui va nous parler des activités du Conseil durant la pandémie.