Simon Brault livre un discours en Allemagne sur le rôle du Conseil des arts en matière de diplomatie culturelle.

Diplomatie culturelle :
le Canada en Allemagne en 2020

05 avril 2019

Sommaire du discours de Simon Brault
Kanada Haus, lieu de l’ambassade du Canada à Berlin
5 avril 2019

Quel rôle un organisme de soutien aux arts, comme le Conseil des arts du Canada, joue-t-il pour appuyer les efforts en matière de diplomatie culturelle du Canada?

Simon Brault, directeur et chef de la direction du Conseil des arts du Canada, a partagé ses réflexions et sa vision du rôle du Conseil en matière de diplomatie culturelle. En voici le résumé.

Simon Brault a parlé non seulement du rôle du Conseil des arts en matière de diplomatie culturelle, mais aussi du rôle précis qu’il jouera en Allemagne alors que le Canada sera l’invité d’honneur de la Foire du livre de Francfort en 2020. Cette présence du Canada en Allemagne est le fruit de la collaboration de différents joueurs. Le ministère du Patrimoine canadien est responsable d’organiser et de coordonner  la participation du Canada, avec l’aide du ministère des Affaires mondiales Canada. Et le Conseil administre Francfort 2020, une initiative offrant des subventions pour la traduction en allemand d’œuvres littéraires et non littéraires canadiennes.

Bien que le Conseil des arts soutienne les artistes dans les échanges internationaux depuis longtemps, le travail coordonné entourant la Foire du livre de Francfort rend maintenant la diplomatie culturelle, au sein de ses activités, très réelle et très tangible, en plus de cristalliser le rôle unique du Conseil dans le réseau du travail diplomatique du Canada.

Les contributions uniques du Conseil des arts à la diplomatie culturelle

Simon Brault a lancé la discussion en posant un jalon important pour comprendre la situation actuelle : soit la création du Conseil des arts en 1957, après la Seconde Guerre mondiale. Cette période précise fut marquée par une nette prise conscience de la manipulation des arts à des fins de propagande que les gouvernements pouvaient exercer. Selon lui, les architectes de la conception du Conseil ont veillé à ce que l’organisme jouisse de la relation d’autonomie nécessaire à l’égard du gouvernement pour soutenir les arts tout en respectant la liberté des artistes de poursuivre des projets sur des sujets qu’ils jugent essentiels.

Cette autonomie confère au Conseil et à ses contributions une position unique sur l’échiquier de la diplomatie culturelle, dont ses initiatives pour la Foire du livre de Francfort. Le soutien du Conseil aux artistes et l’autonomie qui prévaut à la conception de son financement permettent aux artistes de présenter des œuvres qui abordent les questions que ces derniers considèrent comme importantes. En d’autres mots des œuvres qui n’ont pas à refléter la position du Conseil ou d’un gouvernement ou, encore, l’image du pays que la classe dirigeante souhaite projeter.

Ce principe d’autonomie repose sur le respect de la liberté dont ont besoin les artistes pour exprimer des préoccupations que les politiciens et les autres leaders abordent rarement ou avec réticence. Lorsque les artistes expriment leurs préoccupations, ils établissent avec la société un lien fondamental et suscitent des conversations transnationales sur la promotion, la réaffirmation et la consolidation des droits culturels des citoyens et des valeurs démocratiques de notre société.

Une approche renouvelée et inclusive de la diplomatie culturelle

Simon Brault croit que l’avancement d’une diplomatie culturelle possédant une dimension artistique et allant au-delà de nos différences doit nécessairement reposer sur la participation d’une grande diversité d’artistes.

Pour contribuer pleinement à cet avancement, le Conseil des arts a mis en place des mesures pour que les artistes susceptibles d’évoquer les nombreuses expériences du Canada – notamment les Autochtones, les groupes de diverses cultures, les personnes sourdes et handicapées, les communautés de langue officielle en situation minoritaire et la prochaine génération de créateurs – rencontrent les publics allemands et fassent entendre leurs voix dans la vaste programmation culturelle qui précédera la Foire du livre de Francfort de 2020.

Simon Brault réaffirme l’importance cruciale de modifier la donne non seulement pour identifier, reconnaître et appuyer les forces créatrices dans nos pays, mais aussi pour propulser des voix diverses à l’étranger. Les organismes comme le Conseil des arts doivent prendre des décisions audacieuses et redéfinir leurs investissements pour en faire des outils de transformation.

L’effet boomerang de la diplomatie culturelle

Simon Brault rappelle aussi que la diplomatie culturelle est plus que le simple fait d’être entendu. Il souligne, pour l’auditoire de la Kanada Haus, que la diplomatie culturelle signifie écouter, échanger et faire évoluer ensemble une conversation. Il avance que les artistes du Canada reviendront d’Allemagne avec de nouvelles idées sur la façon de susciter l’engagement de leur public — un effet boomerang, en quelque sorte.

Il reconnaît que cet effet ne sera certainement pas immédiat, car les artistes canadiens soutenus par le Conseil en Allemagne profiteront assurément de cette plateforme pour continuer de présenter leur travail dans d’autres pays. Il affirme que l’effet boomerang doit être compris dans sa bonification du passage d’un artiste dans des tournées à l’étranger. Dans leurs arrêts subséquents, leurs créations riches des conversations amorcées en Allemagne en susciteront d’autres — des conversations sur la création d’un avenir commun, inclusif, juste et équitable.

Enfin, Simon Brault affirme que la diplomatie culturelle trouve son pouvoir dans sa souplesse et dans son unique capacité de joindre un nombre de personnes sans cesse accru par les possibilités d’échanges et de réciprocité, d’intérêt renouvelé et de mutuelle compréhension qu’elle suscite.