Pour une refondation de la diplomatie culturelle

Pour une refondation de la diplomatie culturelle

26 novembre 2018
 
Discours de Simon Brault
Cercle France-Amériques, Paris
16 octobre 2018

Le Canada : la diversité et l’équité des voix

En Amérique comme en France, on a déjà beaucoup écrit et discouru à propos des tenants et aboutissants de la diplomatie culturelle comme instrument de la politique extérieure des états. En effet, le recours au partage d’idées, de créations et de recherches scientifiques, académiques, littéraires ou artistiques, tout comme l’échange de perspectives comparatives sur une multitude de sujets relevant du champ culturel, pour tenter d’influencer positivement, pour initier des échanges qui débordent éventuellement du domaine des idées et de la culture ou pour maintenir des liens que pourraient distendre des désaccords économiques ou politiques –sinon des conflits militaires – font partie de la panoplie de moyens à la portée des états.

Évidemment, différents pays, et surtout, différents gouvernements ont des approches variables qui se traduisent notamment par des enveloppes budgétaires plus ou moins importantes, par la mise en place d’outils spécifiques, par des directives en matière de diplomatie publique et, de plus en plus, par des échafaudages complexes qui allient le public, le privé et la société civile sur le plan des contenus et des moyens d’exécution.

Définition de la diplomatie culturelle

La diplomatie culturelle change, s’adapte, se contacte ou prend de l’expansion au gré des changements de régimes politiques et des exigences contextuelles, mais, heureusement, elle ne disparait jamais complètement, à la fois parce qu’elle compte sur des traditions très anciennes et aussi parce que la culture restera toujours disponible pour être appelée au chevet de notre humanité menacée. Il faut cependant admettre que la question de l’évaluation des retombées tangibles de la diplomatie culturelle continue de teinter les débats sur son utilité et son importance relative. Il est évidemment plus facile de compiler des données sur nos exportations commerciales que de mesurer la circulation des idées et des valeurs et d’évaluer leur impact sur la compréhension entre les peuples et la prévention des disputes de toute nature, des conflits majeurs ou même du terrorisme...

Bien sûr, je n’ai aucunement la prétention de pouvoir éclairer la voie pour l’avenir de la diplomatie culturelle. Ce que je vous propose ce soir, c’est plutôt de contempler une partie importante des échanges qui surviennent, surtout entre le Canada et la France, mais aussi entre le Canada et le monde à partir des observations que je peux formuler en étant à la barre du Conseil des arts du Canada. Je traiterai donc surtout de l’apport possible de la création artistique et littéraire au déploiement d’initiatives de diplomatie culturelle et plus encore aux interactions humaines qui constituent le fondement même des échanges de toute nature et de toute portée entre les peuples, les nations et les pays.  

D’abord, si vous le voulez-bien, quelques mots sur le système de soutien aux arts au Canada.

Aperçu des systèmes de soutien aux arts au Canada

Gouvernements

Le Canada dispose de trois ordres de gouvernement : municipal, provincial ou territorial et fédéral. Chacun a des pouvoirs différents déterminés selon la loi constitutionnelle, et certains domaines de compétences sont partagés. En qui concerne les arts et la culture, tous les ordres de gouvernements interviennent. Parfois même, sur un seul palier, par exemple au niveau fédéral, plusieurs entités sont appelées à collaborer ensemble. Ainsi, sur la dimension internationale des arts et de la culture, le Conseil travaille souvent de concert avec les ministères fédéraux du Patrimoine canadien et des Affaires internationales.

Malgré la multiplicité des intervenants, la main droite sait « souvent » ce que fait la main gauche. Et elle doit être informée. .

Collaborations canadienne et cohésion sociale

Sur son immense territoire, le Canada compte deux langues parlées officielles, 600 Premières Nations et 200 ethnies. Cette multitude d’expressions, cette diversité foisonnante, ne saurait être réduite à des systèmes qui confinent l’expression et la création. Il existe à l’échelle du Canada une volonté gouvernementale et institutionnelle commune d’agir de façon complémentaire et de partager les connaissances et les savoirs pour répondre à l’évolution de la société et pour représenter tous les citoyens.

Ce qui entre ici en jeu, c’est le principe d’équité : la culture doit contribuer à un développement qui ne fonctionne pas à l’exclusion.

La cohésion sociale est à la fois une préoccupation, un contexte de création et une aspiration de plus en plus affirmée.

Enjeux sociaux : Autochtones et équité

La création et le partage de l’art et de la culture doivent aussi tenir compte des grands enjeux qui définissent aujourd’hui la trajectoire de notre pays. Par exemple, le processus de vérité et de réconciliation entre les Autochtones et les non-Autochtones du territoire. La vérité des peuples autochtones du Canada a été historiquement bafouée –, et bafoué est un euphémisme, et cette vérité nous devons l’entendre. Pour l’entendre, nous devons laisser ces peuples, et notamment les artistes qui en sont issus, l’exprimer à leur façon.

Nous devons prendre acte de la redéfinition nécessaire et urgente des relations entre les peuples autochtones et non autochtones dans certains pays dont le Canada, des aspirations de la jeunesse actuelle ainsi que des mouvements sociaux comme le #moiaussi, le Blacklivesmatter ou le mouvement #occupy, qui démontrent à quel point nous sommes souvent enfermés dans des systèmes injustes, oppressants et archaïques.

Réalité financière actuelle du Conseil

Ce sont là les grandes lignes qui ont mené le Conseil des arts du Canada, que j’ai l’immense plaisir et la responsabilité de diriger, à effectuer un changement fondamental de son appui aux arts en misant sur un soutien accru aux artistes, en se dotant d’une stratégie internationale forte, en offrant aux artistes autochtones un programme de subvention spécifique dirigé par des Autochtones et en appuyant le virage numérique.

Évidemment, la décision du gouvernement de Justin Trudeau de doubler notre budget sur cinq ans (entre 2016 et 2021), un investissement gouvernemental encore unique au monde, nous donne les moyens de déployer notre vision.

Réalité structurelle actuelle du Conseil

Pour y arriver, il a fallu se réinventer, revoir tous nos programmes, repenser notre structure, recadrer notre culture interne et repositionner le Conseil dans l’espace public Il a fallu aussi faire appel à la responsabilité individuelle et à la responsabilité citoyenne des artistes et des administrateurs culturels et ne pas nous laisser freiner par l’idée de territoires protégés et de frontières étanches. Car ce sont chacun des membres de la communauté artistique et chacun des citoyens dans leur propre engagement, qui déterminent ce qui influencera l’avancement culturel de notre société.

C’est leur engagement envers la création artistique et la culture qui permettra à celles-ci d’occuper une place centrale dans toutes les discussions sur le progrès de notre société et sur son rayonnement à l’international.

État des lieux : pour ne pas devenir les touristes des ruines de notre passé

Survol historique des systèmes actuels de financement : échelle du monde

Si elle apparaît logique et légitime, la mise en œuvre de cette vision du soutien à l’excellence artistique dans une perspective véritablement inclusive, participative, et socialement transformative, nécessite un réel travail de refondation de nos systèmes. Depuis plus d’un demi-siècle, soit après la Seconde Guerre mondiale, nous nous accrochons tant bien que mal à des postulats qui devaient assurer la liberté d’expression, la paix et la prospérité et qui sont progressivement devenus le socle sur lequel reposent une partie des avantages et des privilèges dont jouit aujourd’hui une minorité de la population.

Le postulat démocratique d’après-guerre — en vertu duquel il suffirait de soutenir à long terme une offre artistique et culturelle abondante conçue par des professionnels et validée par des experts en fonction de critères universels d’excellence comme garantie d’accès du plus grand nombre au pouvoir d’élévation de l’art — est régulièrement invalidé par les statistiques culturelles qui confirment la désertion progressive des publics qu’on croyait acquis et l’indifférence grandissante des publics qu’on voudrait conquérir, en particulier les natifs du numérique.

Nous avons pensé nos politiques culturelles et structuré nos organisations à partir de déclinaisons de la stratégie de l’offre de programmation. Nous avons privilégié la verticalité : nos choix éclairés nous les imposions à des consommateurs culturels potentiels à force d’arguments ou nous les vendions grâce à des approches communicationnelles à sens unique.

Survol historique des systèmes actuels de financement : Canada

Au Canada, la création de ces systèmes et organismes il y a 70 ans était alors une simple et criante nécessité. Et elle a permis à de grands organismes de voir le jour, elle a favorisé la production, le développement des arts et la création d’importants organismes et institutions artistiques. Aujourd’hui, l’avancement des arts et de la culture est freiné par des approches en silo et des stratégies fondées sur la prémisse d’une croissance sans fin.

Nous sommes confrontés à des enjeux évidents : la fréquentation de l’art qui est encore favorisé par le financement public souffre de fréquentes crises d’anémie alors qu’on assiste à une croissance hyper rapide de l’offre de contenu en ligne, qui nourrit l’explosion des préférences culturelles. À cela s’ajoute une volonté croissante de participation active et d’engagement dans les processus et les résultats de la création même, ce qui questionne nos systèmes fermés où l’expertise et la connaissance contrôlent la présentation du contenu. Cette volonté d’engagement direct est amplifiée par nos habitudes de vie numériques. Nous sommes donc confrontés au refus de nos contemporains d’être traités comme de simples spectateurs, clients ou consommateurs disponibles et passifs. L’exigence d’une relation de qualité prend le dessus sur la pression de conclure une transaction, en culture comme ailleurs.

Croissance comme mode de pensée et de fonctionnement

Je le répète: au fil des décennies, nous avons sciemment intégré les grands principes humanistes à nos modes de fonctionnement, de décision et de gestion et nous en sommes fiers à juste titre. Mais nous devons admettre que nous planifions et communiquons instinctivement la plupart du temps du haut vers le bas et que tout exercice de réinvention basé sur la démocratie culturelle doit miser sur un rapide et constant aller-retour du bas vers le haut.

Cela exigera que nous prenions acte de l’effondrement des hiérarchies et des autorités — sinon des expertises — que favorise l’ère du partage instantané et des amitiés à décréter à force de clics. Le constat le plus urgent est celui de la fin de l’hégémonie de la croissance à tous crins. Et qu’on m’entende ici clairement, je ne sonne pas le glas de la croissance, mais la fin de sa primauté dans les décisions qui influencent notre avenir.

Nos institutions actuelles ont été édifiées pendant une période historique où nous avons connu deux doublements du niveau de vie de nos populations. Nous avons été dopés par l’hypothèse d’une croissance forte et continue et nous sommes aujourd’hui contraints à une désintoxication brutale. Se murer dans des modèles culturels, économiques et organisationnels qui nous ont pourtant bien servis dans le passé ne servirait qu’à alimenter la nostalgie quand cela ne conforterait pas des intérêts protectionnistes et isolationnistes.

Appel à changer la prémisse de croissance : la nostalgie n’est pas un projet de société.

Au Canada, notre passé a des connotations précoloniales, coloniales et postcoloniales. Et nous partageons certains de ces maux avec l’Europe. Mais, nos aujourd’hui et nos demain sont sans nul doute différents à condition de sublimer l’idée de frontière, d’accepter une citoyenneté multiple et d’adhérer à une promotion active et conséquente des droits universels de la personne.

Nous devons aussi toujours tenter de mieux comprendre les effets créés par l’effondrement continu des modèles de distribution, de consommation et de fréquentation culturels que nous tenons encore, et à tort, pour acquis.

En mai dernier, nous avions convoqué des leaders et penseurs culturels, des représentants d’organismes de soutien aux arts et des artistes à un Sommet des Amériques sur les arts et la culture.

L’appel que j’ai alors lancé aux participants était un appel à la mobilisation. Un appel à être ambitieux dans nos relations.

Un appel à travailler ensemble pour faire des arts et de la culture des piliers de développement de nos sociétés. Un appel à repenser la citoyenneté culturelle au-delà des diktats économiques, frontaliers, organisationnels, politiques, nationaux et, aussi, numériques.

Et cet appel, je le réitère aujourd’hui.

État d’avenir : état d’urgence

État des systèmes culturels actuels

Je le réitère pour que nous puissions être les acteurs solidaires d’un avenir dont nous serons progressivement bannis si nous ne faisons pas preuve de solidarité.

D’une solidarité à bâtir en ne niant pas les divergences ou les nuances de point de vue, mais en misant fortement sur les convergences majeures qui transcendent nos conditions spécifiques, nos pratiques, nos contextes, nos échelles organisationnelles, nos frontières.

Aujourd’hui, il est moins une. Des systèmes et des secteurs d’activités entiers implosent parce que les prémisses sur lesquelles ils reposaient n’existent plus. Les frontières et les marqueurs traditionnels que sont, par exemple, les nations ou les disciplines artistiques, scientifiques et autres s’estompent.

Les intermédiaires – diffuseurs, distributeurs, médiateurs – sont visés et souvent déclassés par des plateformes dont les algorithmes imposent une quasi-invisibilité de certains contenus, et minent tout particulièrement la diversité des contenus.

Refondation des systèmes et enjeu numérique

Évidemment, la nature complexe d’une refondation des systèmes s’appuyant sur une démocratie culturelle découle en partie de certains aspects de l’univers dématérialisé et vaporeux dans lequel nous baignons de plus en plus en cette ère numérique. Un univers dans lequel l’hyper-communication mêle l’information et la désinformation en les rendant envahissantes instantanément et en tout temps, au point où elles deviennent une réalité universelle paradoxalement partagée de façon fragmentée, désincarnée, abstraite, inconséquente. Nous tentons de surnager dans un univers où la volatilité des opinions donne parfois l’impression que la démocratie valdingue plus qu’elle n’avance.

Nous devons admettre que cette ère de surcommunication et de sursocialisation encourage davantage la consommation que la participation. Les algorithmes fixent les paramètres de cette consommation et nous confinent dans des communautés de la « mêmeté » plus qu’ils n’encouragent la conscience sociale, l’ouverture aux autres et la véritable solidarité humaine. Comme l’écrivent Jean-François Fogel et Bruno Patio dans La condition numérique : « Un monde construit à partir de ce qui est familier est un monde où il n’y a rien à apprendre. » Ils notent aussi que : « L’ambition ultime et plausible d’un moteur de recherche est d’indiquer à chacun une question qu’il souhaite poser avant qu’il l’ait formulée. »

Je ne nie surtout pas que les plateformes numériques soient de merveilleux outils de communication, d’information et de partage, je suis moi-même un twitteur impénitent qui s’informe et diffuse quotidiennement avec ce média qui deviendra caduque comme les autres un jour ou l’autre.

Mais, malgré ces plateformes, nous avons de grandes difficultés à trouver des espaces pour discuter, pour penser, pour nous remettre en question, pour repenser notre vivre ensemble, pour contrer la négation des valeurs démocratiques, pour redéfinir le développement humain. La compassion et l’humanisme qui, un jour de drame mondialisé, se cristallisent en un phénomène viral qui nous conforte et nous interpelle peuvent, à tout moment, être mis à mal par d’autres phénomènes tout aussi viraux, mais porteurs, eux, de peur, d’intolérance et de déraison.

Démocratie culturelle, soft power (puissance douce), leadership partagé

Proposition de nouveaux paramètres pour le numérique : art et culture

Quels doivent être ces paramètres qui nous permettraient de discuter, de faire preuve d’ouverture et d’accueil pour ne pas nous perdre dans cette mer de contenu numérique, d’information et de désinformation. Dans un univers mondialisé, il faut savoir toucher, convier et interpeller par le biais de sa culture. Imaginez que la création artistique de votre pays résulte de la vitalité de votre démocratie culturelle. La création artistique ne devient-elle pas l’expression par excellence pour établir des dialogues entre cultures? Ne sont-ce pas ces dialogues entre cultures qui nous sortiront des limites de nos frontières et de nos systèmes actuels?

Le politologue américain de Harvard Joseph S. Nye disait dans un article intitulé The Information Revolution and Soft Power :

« One of the notable trends of the past century that is likely to continue to strongly influence global politics in this century is the current information revolution. And with it comes an increase in the role of soft power – the ability to obtain preferred outcomes by attraction and persuasion rather than coercion and payment. »

Cette observation est particulièrement intéressante. Les innovations technologiques ont effectivement un règne souvent éphémère : les arts et la culture, eux, racontent notre progrès par l’accumulation de l’expérience humaine et ils laissent aux générations futures un héritage plus vital que toutes les richesses matérielles. Les arts et la culture sont nos plus grandes ressources naturelles et elles sont inépuisables. Nous devons en faire les piliers de notre développement durable. Elles nous permettent d’entrer en contact les uns avec les autres, de nous comprendre. Les arts, la culture et le patrimoine sont l’expression changeante, diversifiée, non codée de qui nous sommes.

La création artistique et littéraire actuelle  ̶  et même la création passée intégrée au patrimoine et à la culture   ̶   permet de mettre en place les espaces nécessaires à la construction de relations humaines, diplomatiques, commerciales ou socio-politiques qui s’inscrivent dans la durée.

Libre expression, démocratie et soft power

C’est aussi ce qui nous conforte dans notre devoir de bien soutenir le rayonnement des arts et des artistes à l’échelle internationale pour accroître leur fréquentation et leur présence. Les artistes ne sont pas et ne doivent pas être contraints d’être des ambassadeurs au sens politique, mais ils sont des voix qui  ̶  souvent divergentes et critiques de nos réalités  ̶  expriment des préoccupations que les politiques n’osent souvent pas évoquer mais qui rejoignent les êtres humains auxquels ils s’adressent tant dans leurs pays qu’au-delà des frontières. Ce sont les voix d’une libre expression garante de la démocratie et de son renouvellement.

La complexité et le caractère souvent inusité des propositions artistiques et littéraires invitent à l’interprétation, à la réflexion, à la découverte de l’autre, à l’ouverture. L’art installe des forums de discussions authentiques et humains où la place de chacun n’est pas prédéterminée. L’art nous force à revoir nos relations en fonction d’un objet ou d’une idée dont le sens et la portée sont en mouvement.

Et nous devons envisager le soft power avec prudence, avec respect. Le soft power ne doit pas devenir une autre monnaie d’échange, une nouvelle allégorie qui facilite les transactions inégales. Évidemment, le soft power est associé à une dimension économique et politique, mais il ne devrait pas être réduit à une finalité à court terme. Le soft power doit se développer dans un véritable esprit de diplomatie culturelle. Je le répète, il s’agit de reconnaitre le pouvoir de convocation des arts et de les considérer comme une langue riche mais sans grammaire qui permet de se parler, de s’écouter et de se comprendre un peu mieux.

Une langue sur laquelle on pourrait refonder la diplomatie culturelle dont nous avons urgemment besoin dans une société et dans un monde ou l’enfermement dans ses convictions, les crispations identitaires et le repli sur soi sont de plus en plus en vogue.

Nous avons besoin du pouvoir de réinvention de l’art pour espérer nous libérer de notre condition de témoins horrifiés et désemparés de crises humanitaires de plus en plus graves et pour maîtriser un modèle de civilisation numérique qui pourrait parvenir à nous exclure de notre propre destin.

C’est ce même pouvoir de réinvention que recèle l’art que nous devrions mettre à contribution pour renouveler la diplomatie culturelle afin de permettre et d’encourager toutes ces interrelations qui donnent aux peuples et aux nations la possibilité de chercher ensemble et possiblement de partager les voies de l’avenir.  

Merci!