Fond bleu

Cap sur un avenir brillant pour les arts

19 janvier 2016

Présentation de Simon Brault

Assemblée publique annuelle 2016, le 19 janvier 2016
Cap sur un avenir brillant pour les arts

Transformation du Conseil 

Merci Dwayne pour cette performance qui illustre bien la raison d’être du Conseil et qui apporte un supplément d’âme à cette assemblée publique annuelle.

Cela dit, bonjour à toutes et à tous,

Pierre, j’aimerais ajouter à tes bons mots pour notre équipe un salut chaleureux à tous ceux et celles qui nous ont suivis et qui nous suivent à chacune des étapes de ce que nous envisageons comme une transformation majeure et prometteuse pour le Conseil des arts du Canada lui-même, pour la communauté artistique professionnelle qui compte sur nos contributions et pour l’ensemble de nos concitoyens pour lesquels les artistes et organismes que nous soutenons créent, produisent et partagent des œuvres repoussant les limites de l’excellence.

Nous avançons avec une ferme volonté de transparence, et cette volonté continuera sans cesse de se manifester dans nos activités et dans nos communications. Tu parlais d’anniversaires significatifs et imminents – soit le 150e du Canada et le 60e du Conseil –, et tu soulignais notre choix délibéré de célébrer en étant résolument tourné vers l’avenir. Nous cherchons effectivement à anticiper l’avenir avec la conviction qu’il nous faut assumer une responsabilité de pionniers.

Évidemment, nous n’avons pas découvert un nouveau monde. Mais nous avons pris acte des changements démographiques, économiques et technologiques qui façonnent aujourd’hui notre société et qui redéfinissent les enjeux de la création ainsi que ceux liés à l’influence, à la reconnaissance et au rayonnement des arts. Par exemple, nous suivons de très près la jeunesse dans ses façons d’interagir, de redéfinir le lien social et de s’exprimer. Nous sommes convaincus qu’il est de notre responsabilité d’inviter et d’accueillir la nouvelle génération de créateurs qui ne trouve pas toujours sa place dans notre système et qui ne souhaite pas nécessairement se conformer aux modèles du passé. Je vous assure que nous envisageons ces changements sociologiques et systémiques avec une conscience aiguë de leurs portées réelles et en puisant dans le réservoir de connaissances et d’expériences que nous avons accumulées au cours des décennies de travail qui ont permis de construire la crédibilité du Conseil. Nous voulons investir stratégiquement nos ressources actuelles et planifier nos futurs investissements avec l’intention d’augmenter l’impact de nos actions. 

Notre propre transformation nous reconnecte au mandat original du Conseil en le contextualisant et en l’actualisant. Au cours de la dernière année, j’ai répété souvent et sur plusieurs tribunes, ici ou sur la scène internationale, qu’il s’agissait là d’une responsabilité incontournable pour un organisme public de soutien aux arts. Notre transformation repose sur un engagement responsable. Le nôtre bien sûr, mais aussi celui de la communauté artistique.

Occasions d’investir dans notre avenir

Ultimement, la destination sur laquelle nous mettons le cap est celle où les arts compteront vraiment et seront compris comme une condition et un vecteur de plein développement individuel et collectif.

Pour atteindre cette destination :

  • Nous devons valoriser et consolider le rôle prédominant de la création artistique. Pour ce faire, nous devons réaffirmer l’importance cruciale de la qualité et de l’originalité de la création artistique et littéraire pour notre économie et pour le positionnement et le rayonnement de nos communautés et de notre pays. Nous voulons que les artistes aient davantage le temps et les ressources nécessaires pour aller au bout de leurs ambitions et atteindre de nouveaux sommets qui singularisent la création canadienne, qui la rendent encore plus désirable et désirée et qui offrent des expériences marquantes aux publics qu’ils souhaitent atteindre.Nous voulons favoriser la qualité sur la quantité et sur la production effrénée.
  • La transformation que nous proposons est axée sur l’atteinte de résultats. Nous voulons démontrer les retombées de nos investissements et mieux illustrer leurs répercussions sur le développement intelligent et durable auquel nous aspirons. Nous voulons que la communauté soit partie prenante de cette démonstration. Nous voulons que la population bénéficie davantage du dynamisme artistique que nous favorisons et en apprécie tous les avantages.
  • Nous envisageons la vie artistique comme un facteur de mieux-être pour chaque personne et pour nos communautés. Notre nouveau modèle de financement reconnaît que l’engagement du public envers les arts doit être au cœur de l’action des institutions et des organismes artistiques que nous soutenons et qui cherchent à jouer un rôle de premier plan dans leur communauté et dans le développement des formes d’art auxquelles elles se consacrent. 
  • Nous envisageons une présence et un rôle accrus des arts à toutes les tables où se joue notre avenir. Je l’ai dit clairement à chaque fois que nous avons partagé avec vous l’information sur les avancées du nouveau modèle de financement : ce nouveau modèle de financement n’est qu’une étape de notre transformation. La visée ultime, c’est que les arts deviennent une dimension incontournable des décisions majeures en matière de politique publique, de gouvernance et de développement humain et durable. Les arts sont de plus en plus perçus comme un moteur d’innovation dans plusieurs secteurs d’activités qui n’en avaient pas tenu compte jusqu’à tout récemment. Par exemple, des recherches sur les effets de la pratique de la danse laissent déjà présager des avancées dans le traitement des maladies neurodégénératives. Inclure les arts au cœur de notre développement exigera de nouvelles façons d’agir et de penser. Nous ne pouvons pas répéter infiniment les mêmes façons de faire. Nous devrons faire preuve d’ouverture et de souplesse. Imaginer un avenir autre nécessite une écoute active et un désir de tisser des partenariats improbables et d’échanger.

Nos investissements dans la création et dans le développement des organismes artistiques doivent avoir des effets de levier. Nous voulons agir en concertation avec les différents acteurs régionaux et provinciaux. Notre perspective est pancanadienne : notre impact doit être ressenti partout au pays. Aussi nos valeurs, nos responsabilités et nos choix en qui a trait aux langues officielles, aux peuples autochtones, à la diversité ainsi qu’à l’inclusion et à l’équité (notamment pour les personnes sourdes et handicapées) sont plus importants que jamais si nous voulons assumer le rôle de chef de file du financement public des arts au Canada, rôle auquel nous aspirons et qu’on exige de nous.

Inspirer en chef de file

Au cours de la dernière année, nous avons clairement démontré notre volonté et, plus encore, notre capacité d’agir comme un chef de file du financement des arts.

Conçu en partenariat avec la Fondation de la famille J. W. McConnell et le Cercle, le programme {Ré}conciliation lancé l’an dernier est un investissement dans le pouvoir des arts de nourrir le dialogue, la compréhension, la réparation et le changement. Le Conseil est déterminé à réaffirmer et à actualiser ses relations avec les artistes des Premières Nations, ainsi qu’avec les artistes inuits et métis. Et le programme Créer, connaître et partager du notre nouveau modèle de financement repose sur une approche qui reconnaît pleinement l’expression artistique et les protocoles de ces peuples et qui respecte leur autodétermination.

Nous sommes les dépositaires d’un ensemble de références légales et historiques qui nous confèrent non seulement de grandes responsabilités, mais aussi de grands avantages. Ce sont les attributs spécifiques au Conseil qui lui ont permis, à de nombreuses occasions au fil de son histoire, de jouer un rôle d’éclaireur, de découvreur, de leader.

L’autonomie dont nous jouissons nous a permis de prendre l’initiative de mettre en route notre propre transformation, et cela signifie également de faire avancer la question d’une nouvelle approche pour le soutien aux arts.

Nous voulons que les Canadiennes et Canadiens reconnaissent la pertinence du financement des arts et en bénéficient. Les arts inspirent et ont le pouvoir de rassembler. Je pense ici à la tournée du groupe Rizwaan-Muazzam Qawalli dont les concerts ont permis de mieux faire connaître la musique islamique soufie et son message d’harmonie et de compréhension. Un autre bon exemple est l’initiative de 200 000 $ que nous avons récemment annoncé avec la Financière Sun Life pour permettre à des organismes artistiques recevant un appui du Conseil de donner aux réfugiés syriens un accès gratuit à certaines de leurs activités.

Nous voulons aussi que le monde soit à la portée des créateurs. L’an dernier, à l’échelle internationale, 1,1 million de personnes ont vu plus de 45 000 spectacles, expositions et projections, présentés en tournée, par des organismes recevant une subvention de fonctionnement du Conseil. Nous pouvons faire encore mieux et nous aspirons à le faire.

Planification stratégique : l’avenir pour aujourd’hui et demain

Au cours de la dernière année, nous avons grandement parlé de notre nouveau modèle de financement. Avec raison : notre nouveau modèle de financement nous donne une position privilégiée pour envisager l’avenir comme chef de file du financement public des arts.

D’ici quelques semaines, nous mettrons en ligne des données ouvertes sur nos activités. J’ai parlé de transparence au début de notre présentation et c’est là un exemple significatif de notre détermination. Ces données ouvertes seront des outils pratiques pour le milieu artistique et pour la compréhension du milieu pour tous nos partenaires et pour toutes les personnes qui s’intéressent aux arts. Nos prochaines recherches se feront avec le même souci de partage pratique des connaissances. Nous sommes transparents : nous continuerons de l’être. Nous vous inviterons à prendre part à notre planification stratégique, notamment en participant à un sondage.Cette consultation nous permettra de recueillir votre opinion sur ce que nous pouvons accomplir pour réaliser nos orientations stratégiques pour les cinq prochaines années. D’ici une semaine, nous inviterons tous ceux et celles qui nous suivent sur les médias sociaux ou qui font partie de notre liste de diffusion à participer à notre sondage. Et toutes les informations pour participer à ce sondage seront sur notre site web le 28 janvier prochain. Les thèmes abordés vous seront nécessairement familiers, puisque la vision porteuse de notre transformation les véhicule depuis maintenant plus d’un an. Les thèmes de ce plan sont donc :

  • les artistes et les auditoires dans l’économie de l’avenir;
  • la stratégie numérique pour les arts;
  • les arts canadiens et le monde;
  • Arts autochtones : une nouvelle relation pour un avenir commun.

Évidemment, l’engagement du Conseil envers l’équité, les jeunes et les jeunes artistes seront enchâssés dans nos orientations stratégiques.

Le sondage n’est pas une consultation menant à un simple rapport : il s’inscrit dans la continuité de notre action. Nous voulons maximiser notre impact et démontrer les résultats de toutes nos activités et de tous nos investissements.

Le Conseil continuera de nouer des collaborations et d’établir des partenariats porteurs pour l’avenir. Nous en avons déjà établi plus d'un et avons obtenu des résultats tangibles. Je pense aux exemples de partenariats nationaux et internationaux dont vous pourrez prendre connaissance quand nous publierons notre rapport annuel après son dépôt officiel, plus tardif cette année en raison des élections. Les partenariats internationaux maximisent nos investissements. Par exemple, le Conseil des arts s’est associé au Centre de musique canadienne et au Music on Main, de Vancouver, pour présenter des artistes canadiens à Rotterdam lors du forum Classical:NEXT. Le Conseil a envoyé une délégation d’agents d’artistes et d’orchestres canadiens à ce forum annuel qui attire plus de 1 000 professionnels de 45 pays. Ce fut une occasion incroyable d’affirmer l’élan nouveau qu’insufflent les artistes canadiens à la musique classique.

Nous envisageons de soutenir le rayonnement international du Canada en termes de diplomatie et d’exportation.

L’an dernier, nous avons doublé nos investissements à l’international de 5 à 10 millions de dollars.

Aux échelles locale, nationale et internationale, la Commission canadienne pour l’UNESCO, dont le secrétariat permanent relève du Conseil des arts, suscite un engagement actif et participatif avec ses initiatives et la force d’intervention de ses réseaux, chaires, commissions sectorielles et partenariats. Lors de la Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale, des municipalités de la Coalition canadienne des municipalités contre le racisme et la discrimination, créée par la Commission, ont mobilisé leurs communautés. Ainsi, la communauté du Comté de Kings (en Nouvelle-Écosse) a participé à la création d’une œuvre d’art public symbolisant la lutte contre le racisme.

Dans notre nouveau modèle de financement, un programme sera dédié au rayonnement national et un à l’international.

Évidemment, nous continuerons d’être présents sur différentes tribunes comme j’ai pu le faire l’an dernier, un peu partout au Canada et à l’étranger.

Au printemps, je participerai à un sommet international sur les arts à Hong Kong, et Tammy Scott, directrice générale de la division des Communications du rayonnement des arts parlera de la transformation du modèle d’affaires de notre Banque d’art à Taiwan qui est d’ailleurs en train de mettre sur pied sa propre banque d’art.

Nous continuerons de contribuer à la diplomatie culturelle.

L’art pour le mieux-être de tous

Cette affirmation ne se fera pas seule. Investir dans notre avenir est un exercice collectif : un appel aux citoyens, aux artistes et à tous les gouvernements. Un appel à tous ceux et celles qui veulent être les pionniers d’un avenir brillant pour les arts, car l’art, c’est nous, c’est notre faculté inépuisable de créer, de rêver et de faire émerger l’avenir.

Merci.

Portrait - Simon Brault 2014
Simon Brault, O.C., O.Q.

Directeur et chef de la direction

Simon Brault est directeur et chef de la direction du Conseil des arts du Canada. Auteur du Facteur C : l’avenir passe par la culture, un essai sur l’avancement des arts et de la culture dans l’arène publique, il a participé activement à d’importantes initiatives, notamment à l’Agenda 21C de la culture au Québec. Instigateur des Journées de la culture, il a aussi été membre fondateur de Culture Montréal et, de 2002 à 2014, président élu de l’organisme. En 2015, l’Ordre des comptables professionnels agréés du Québec lui remettait le prestigieux prix Hommage pour avoir réussi « à réunir deux univers que tout opposait auparavant, les arts et le milieu des affaires, une union des plus profitables pour l’ensemble de la société ». Suivez Simon Brault sur Twitter : @simon_brault

Éditeur : Conseil des arts du Canada

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