Simon Brault, L’Assemblée publique annuelle 2018

Progressons ensemble

23 janvier, 2018

Discours – APA 2018
Simon Brault – 23 janvier 2018, 17 h
Progressons ensemble

Merci Pierre et merci à tous les membres du conseil d’administration qui s’investissent avec passion et compétence pour guider et soutenir l’immense effort de livraison des engagements stratégiques du Conseil dans un contexte intense de transformation, de rapide adaptation aux réalités émergentes et de réinvestissement historique dans les capacités créatives et dans le rayonnement des artistes et des organismes artistiques de ce pays.

Je suis convaincu de traduire le sentiment de tous mes collègues du Conseil en vous disant que votre engagement et votre soutien constant nous inspirent et nous incitent au dépassement.

Les réalisations de 2016-2017 : Nouveau chapitre

Depuis quelques années, nous tenons notre assemblée publique annuelle en janvier, soit 9 mois après la fin de notre année financière. Cela nous permet de faire le lien entre nos réalisations de l’année qui s’est terminée le 31 mars dernier et le moment présent.

L’année 2016-2017 marquait la première année du déploiement de notre plan stratégique quinquennal intitulé Façonner un nouvel avenir.

Pour mémoire, la durée de ce plan correspond exactement à la période de doublement progressif de notre budget, qui verra passer le montant total des subventions que nous versons aux artistes, aux auteurs et aux organismes artistiques de 150 millions qu’il était en 2015; à 310 millions, en 2021.

Ce plan énonce une série d’engagements mesurables en faveur d’une renaissance artistique qui mise résolument sur une quête audacieuse d’avancées artistiques et littéraires, sur l’affirmation irrésistible de la création autochtone, sur la diversité sous toutes ses formes et manifestations, sur l’inclusion, l’enracinement et l’impact dans les communautés de tout le pays, sur un plus grand rayonnement international et sur la maîtrise accrue des potentialités du numérique.

Ce plan guide aussi nos investissements additionnels pour soutenir à la fois les nouvelles voix artistiques et littéraires afin de refléter les préoccupations et les aspirations d’une société en mutation accélérée et les voix plus matures des artistes et des organismes que le Conseil a permis d’amplifier avec constance depuis des années.

Au Conseil, l’année 2016-2017 a commencé dans l’urgence et dans une certaine euphorie, puisque c’est le 22 mars 2016 que le ministre des Finances du Canada a déposé son fameux budget annonçant l’injection de 1,9 milliard de dollars pour le secteur culturel afin de « contribuer à la création d’emplois, au renforcement de l’économie et à l’expression du point de vue distinctif du Canada dans le monde entier ».

Dès que nous en avons obtenu l’autorisation, nous avons investi les premiers fonds qui nous étaient accordés dans le secteur des arts grâce au programme spécial Nouveau chapitre, un programme ponctuel créé à l’occasion du 150e anniversaire de la Confédération et doté d’un budget de 35 millions de dollars complètement consacré à soutenir des projets de création artistique d’une ampleur trop souvent hors de portée pour notre secteur.

J’avais suggéré aux artistes et aux organismes artistiques de voir grand, et la réponse a été incroyable. Nous avons reçu 2 226 demandes de projets totalisant une demande de financement de plus de 400 millions de dollars soit plus de 10 fois le budget disponible!

Et pourtant, il s’était trouvé des gens pour dire que le secteur ne serait pas en mesure de formuler des projets d’une telle ampleur et d’une telle qualité en si peu de temps!

Les 35 millions de dollars ont finalement servi à financer 201 projets. De nouveaux joueurs ont répondu à l’appel et 14 % ont reçu une subvention pour la première fois.

Tant par l’ampleur des sommes versées que parce qu’il était très condensé dans le temps, Nouveau chapitre aura été une des plus importantes initiatives de soutien à la création et à l’innovation artistiques jamais mises sur pied par le Conseil ou par n’importe quelle autre entité semblable au Canada. Les projets artistiques subventionnés constitueront un legs qui continuera d’être exploré, apprécié et transmis pendant des années. Nouveau chapitre laisse déjà entrevoir des indices du prochain grand cycle de création et d’inscription de l’art dans la vie quotidienne au Canada, notamment parce que de nouvelles formes de collaboration ont été possibles ou parce qu’on s’est autorisé à travailler autrement, dans la marge et à plus grande échelle. En faisant appel à toutes les formes d’art et de littérature, des certitudes et l’histoire officielle ont été remises en question; de nouvelles perspectives sur nos vies et aspirations collectives, individuelles et identitaires ont été proposées et la nécessité d’un réenchantement du monde a été remise à l’ordre du jour.

J’aimerais d’ailleurs que nous prenions quelques minutes pour regarder une vidéo de Propeller Dance, un organisme qui a reçu une subvention de Nouveau chapitre. Je souligne qu’il ne s’agit pas du projet qui est en cours de création grâce à cette subvention exceptionnelle. Nous avons choisi un extrait du travail accompli par cet organisme qui évolue dans le champ de pratique arts et handicap que nous mettons aussi en lumière avec le vernissage de l’exposition Identités façonnées qui suivra cette assemblée. L'extrait vidéo présente une chorégraphie de Shara Weaver, intitulée CIRCUIT, sur une musique de Larry Graves. Les principaux danseurs de la vidéo sont Sami Elkout et Sylvain Bouchard (en fauteil roulant).

Superbe. Je vous invite aussi à consulter notre Rapport annuel de 2016-2017 et la section Des histoires et des chiffres de notre site web pour en apprendre davantage sur les retombées formidables de nos programmes.

Les premiers concours pour le financement de base des organismes : les attentes et les résultats

J’aimerais ici revenir aux circonstances du printemps 2016 qui ont mené à la création de Nouveau chapitre. Vous aurez compris que nous n’avions alors pas d’autre choix que d’investir dans des projets, même si nous reconnaissions d’emblée l’ampleur et l’urgence des besoins de base des organismes. Il était hors de question de recourir à une formule mathématique quelconque pour saupoudrer les nouveaux fonds alloués. Nous devions honorer le vote de confiance historique du gouvernement en respectant les objectifs et la philosophie du nouveau modèle de financement annoncé en amont du budget fédéral, de même que les engagements financiers précis de notre plan stratégique et du doublement progressif de notre budget sur 5 ans. Ces engagements financiers annoncés en décembre 2016 sont de:

  • verser 88,5% des fonds additionnels sous forme de subventions, de paiements et de prix aux artistes et organismes artistiques;
  • augmenter de 55 % les fonds totaux alloués aux subventions de base et de 224 % ceux aux subventions de projets pour une parité de distribution des fonds de 50-50 entre subventions de base et de projets;
  • tripler notre appui aux arts autochtones;
  • doubler notre soutien à l’international pour accroître la présence des arts sur la scène mondiale;
  • investir 88,5 millions de dollars dans le fonds Stratégie numérique;
  • accorder 25 % des nouveaux fonds à de nouveaux bénéficiaires.

Évidemment, les attentes des quelques 1150 organismes avec lesquels le Conseil est en relation continue étaient très grandes, pour ne pas dire immenses, sinon démesurées. Et je le comprends fort bien, puisque j’ai moi-même dirigé pendant 25 ans une institution constamment en quête d’un financement public toujours insuffisant pour ne pas mettre en péril notre existence même.

Le total des demandes de subventions de base reçues était beaucoup plus grand que les sommes dont nous disposions. Je souligne que nous avons obtenu, jusqu’à présent, et tel que prévu, environ 20 % de l’augmentation totale promise par le gouvernement.

Parce que nous voulions réinvestir en même temps dans l’ensemble de nos programmes offrant un financement de base, l’administration presque simultanée de multiples concours a nécessité le déploiement d’une logistique extraordinaire qui a poussé le Conseil à l’extrême limite de ses capacités.

Tout a dû être repensé ou adapté sans que nous ayons le temps nécessaire pour tester, répéter et bien maîtriser : dates limites, lignes directrices, réassignation du personnel dans de nouvelles équipes, etc.

Nous avons aussi rencontré de nombreux défis et obstacles informatiques et technologiques et des enjeux de communication, tant à l’interne qu’à l’externe ont été constants.

Si nous avons enfin réussi à envoyer tout récemment les résultats des compétitions à tous les organismes, c’est grâce à la compétence, au dévouement, à la ténacité et au professionnalisme de l’ensemble de notre personnel qui n’a jamais baissé les bras et s’est fixé sur l’objectif de répondre aux attentes légitimes des artistes et des organismes sollicitant notre appui.

Je dois aussi dire que nous avons pu compter sur la patience, la compréhension et la solidarité du milieu artistique tout au long de ce passage périlleux et – en mon nom et au nom de tous nos employés – j’en remercie du fonds du cœur les artistes, les gestionnaires et les membres bénévoles des conseils d’administration.

Évidemment, il faut aussi reconnaître que nous ne pouvions pas prendre toutes ces décisions dans un laps de temps aussi bref sans une formidable mobilisation de centaines d’artistes, d’auteurs, d’éditeurs et de gestionnaires culturels qui ont généreusement accepté de faire partie de nos comités de pairs.

Au cœur du processus d’octroi des subventions, ces comités ont la tâche irremplaçable d’évaluer le mérite des demandes soumises au Conseil. C’est un exercice des plus exigeants, croyez-moi.

Non seulement les pairs doivent comprendre, interpréter et contextualiser les objectifs et les critères de nos programmes, être au fait des évolutions et enjeux dans leur domaine respectif, mais ils doivent également contribuer à des discussions approfondies, authentiques, rigoureuses, éclairées et nuancées afin d’analyser les intentions des organismes et juger du mérite comparatif des démarches artistiques, des plans et projets et de leurs impacts. En comparant les demandes, les comités doivent parvenir à les classer par ordre de mérite, et le Conseil est tenu de respecter ce classement final dans l’octroi des montants de subvention tout en tenant évidemment compte des enveloppes budgétaires et des priorités stratégiques publiées.

L’évaluation par les pairs, ce sont des décisions qualitatives qui émanent du milieu artistique professionnel par l’entremise des pairs. Ces évaluations, qui déterminent l’immense majorité de nos décisions financières, ne relèvent pas du personnel du Conseil. L’évaluation par les pairs, c’est tout sauf une approche « du haut vers le bas ».

Le Conseil peut se féliciter d’être un des rares organismes au monde à utiliser l’évaluation par les pairs pour déterminer ses investissements, y compris les subventions de base.

Bien sûr aucun système n’est parfait, et je me méfierais de quiconque prétend avoir la recette infaillible pour attribuer avec une pertinence optimale des fonds publics à des artistes et à des organismes qui se consacrent à la création et au partage de l’art.

Même si les résultats de l’évaluation par les pairs font parfois des mécontents, qui ont le droit de l’être, je crois qu’il existe toujours un large consensus dans le milieu à l’effet que le système en place demeure un des plus juste et rigoureux qui soit, bien qu’il demeure éminemment perfectible.

Nous publierons la liste des bénéficiaires de subventions de base bientôt. Une analyse sommaire de ces résultats permet de cerner la transformation positive du paysage artistique et culturel et nous y voyons :

  • un paysage où les organismes autochtones les mieux évalués bénéficient maintenant de moyens additionnels importants;
  • un paysage où les augmentations allouées et tant attendue insufflent un nouvel élan aux organismes de la diversité les mieux classés;
  • un paysage où les organismes les plus performants des communautés linguistiques en situation minoritaire voient leurs subventions de base croître de façon significative;
  • un paysage où brillent les organismes bien évalués qui se consacrent aux pratiques art et handicap, de cirque contemporain ou d’art numérique et qui reçoivent une subvention de base pour la première fois;
  • un paysage où les organismes dirigés par nos meilleurs créateurs et créatrices, les maisons d’édition littéraires les mieux évaluées, les organismes de service les plus innovateurs ainsi que les institutions et catalyseurs, dont le travail et les propositions bien notées sont aujourd’hui en bien meilleure posture pour réaliser leurs mandats au profit des artistes et travailleurs culturels, mais surtout au profit de leurs concitoyennes et concitoyens.

Mais ce paysage artistique n’est pas figé. Il est dynamique. Il évoluera encore, pour le mieux. D’ailleurs, les organismes aujourd’hui déçus des résultats de la première vague de réinvestissement doivent se rappeler que ce n’est qu’une première vague. Ils pourront revenir à la charge en peaufinant leurs demandes. Des fonds additionnels seront disponibles, puisque nous sommes seulement à l’an deux du doublement progressif de notre budget.

Aujourd’hui, il nous reste encore à attribuer environ 25 % de notre budget annuel de subvention, sous forme de soutien à des projets, y compris les 10 millions de dollars du fonds Stratégie numérique aussi ouvert aux organismes.

À l’automne prochain, nous publierons les résultats complets de la première année du nouveau modèle de financement, et chacune et chacun pourront avoir un accès complet aux données : distribution par régions, par disciplines artistiques, types de candidats, etc. Nous serons alors en mesure de faire le point sur la livraison de tous les engagements stratégiques évoqués plus tôt.

Survol de quelques avancées sur le chemin à parcourir

Comme vous le savez, en mars 2017, nous avons tenu à Montréal un Sommet sur les arts à l’ère numérique. Nous avons demandé à des experts de nombreux domaines et de différentes régions du pays et du monde de se joindre à nous pour discuter des enjeux du numérique et des arts au 21e siècle. Nous avons échangé, mais surtout écouté ce que les intervenants avaient à présenter.

Et ils ont été fascinants, inspirants et pertinents. Leur façon d’aborder les sujets et l’ouverture d’esprit dont ont fait preuve les participants m’ont transporté. Le Sommet s’est déroulé sous le signe de la mise en commun des connaissances, des intelligences, des volontés et des intérêts. À un point tel que de nombreux intervenants qui ne se connaissaient pas ont exprimé le désir de travailler ensemble ultérieurement et de devenir, en quelque sorte, des ambassadeurs du fonds Stratégie numérique.

Nous avons choisi un fonds plutôt qu’un programme parce que cela nous offre plus de flexibilité. Ce fonds a pour but de stimuler la transformation numérique du secteur des arts au Canada. À l’automne, nous avons reçu plus de 250 demandes pour le premier concours, les résultats seront communiqués au cours des prochains mois.

Mon plus grand souhait, c’est que ce Fonds incite le milieu artistique à travailler autrement et collectivement, à sortir de la pensée compétitive qui veut que le progrès de l’un soit le recul de l’autre, à concevoir la diversité des expertises et des perspectives comme une richesse immense à l’ère des algorithmes qui nous confinent à nos bulles. Comme vous, j’observe les progrès rapides sur le front de l’intelligence artificielle dans des villes comme Montréal et Toronto et, chaque fois qu’on interroge les chefs de file de ce domaine, ils parlent de concertation, de partage excessivement rapide des connaissances, de mise en commun immédiate des découvertes, etc. Il me semble qu’il y a là des leçons pour notre secteur.

Ensemble c’est tout

Je voyage assez de par ce vaste monde pour constater que nous évoluons en ce moment au Canada sous des auspices plutôt favorables. Il y a quelques jours, à l’occasion d’un Town Hall en Ontario, notre premier ministre a longuement parlé de l’importance des artistes et du Conseil des arts du Canada pour nos communautés et pour le rayonnement de nos valeurs d’inclusion, de liberté d’expression et de justice sociale à l’international. À mon avis, c’est bien plus qu’anecdotique que le dirigeant élu d’un des pays du G7 tienne un tel discours en ce début de 2018. Nous vivons une période privilégiée en ce qui a trait à la reconnaissance du caractère civilisationnel des arts et de la culture, et nous devons en tirer parti.

Dans le grand écosystème du financement des arts, de la culture et même de l’économie créative, le doublement progressif de notre budget doit permettre au Conseil des arts de demeurer un chef de file dans le soutien, la promotion, la reconnaissance et, surtout, l’engagement des citoyennes et citoyens envers la création artistique et littéraire.

Notre travail s’inscrit au sein d’une société démocratique. Il doit contribuer à son avancement à plus d’un titre. Nos décisions ont des effets sur l’économie, sur l’emploi, sur le commerce international, sur la diplomatie publique, sur la façon dont on vit ensemble, sur les échanges entre les personnes et les communautés, sur l’émancipation des individus, sur l’affirmation des groupes et des nations dont les droits ou la dignité ont été bafoués, sur l’expression des voix brimées par le vacarme des majorités triomphantes. L’art porte et transporte librement des valeurs, des choix, des idées, des sentiments et des émotions. C’est ce qui le rend fascinant, attirant et parfois menaçant pour tout pouvoir absolu.

Le Conseil des arts du Canada ne peut pas rester silencieux ou neutre quand les valeurs qui sont au cœur même de son action sont ignorées, bafouées ou niées.

C’est pour cette raison, par exemple, que nous avons récemment publié une position nuancée, mais ferme contre l’appropriation culturelle autochtone, position qui n’a évidemment pas fait l’unanimité, même au sein des milieux culturels. Mais je le répète, vouloir soutenir la création artistique autochtone et prôner une véritable réconciliation dans un pays qui vient tout juste de reconnaître qu’il a pratiqué de façon systématique, pendant presque 100 ans, un génocide culturel envers les Autochtones, exigeait que nous ayons le courage, sinon même la décence, de nous opposer au pillage éhonté des cultures autochtones.

Nous avons choisi de changer, de nous adapter et non pas de censurer. Notre intention est de donner aux pairs les outils nécessaires pour effectuer des évaluations toujours mieux éclairées et judicieuses.

Toujours dans cet esprit d’assumer la dimension sociale et éthique de notre mandat, nous avons récemment formulé un énoncé contre le harcèlement et pour le respect en milieu de travail. Notre énoncé sur ce sujet est aussi très clair et ferme : nous considérons que le harcèlement, les inconduites sexuelles et l’abus de pouvoir n’ont pas leur place dans quelque milieu de travail et sous quelque prétexte que ce soit.

Nous sommes aussi conscients qu’il ne nous appartient pas de nous substituer au système de justice ou de policer activement les organismes et les artistes que nous subventionnons. Nous n’en avons ni la responsabilité, ni les compétences, ni les moyens.

Cependant, nous avons des valeurs et nous devons les affirmer et les défendre. Et, comme nous l’avons annoncé, nous révisons en ce moments nos politiques de subvention afin qu’elles prévoient des mécanismes nous permettant de traiter de façon juste et plus efficace des situations qui compromettent la sécurité ou la dignité des artistes ou du public et qui remettent en cause la signification et la portée de nos investissements de fonds publics dans un organisme.

Nous choisissons de poser sur notre société un regard lucide et empathique en envisageant le présent et l’avenir sous les angles de l’équité, de la justice sociale, du respect et de l’inclusion.

Le secteur des arts n’en a pas fini avec les conversations difficiles et les changements profonds de comportement qui doivent survenir : il suffit de regarder ce qui se passe dans d’autres pays pour comprendre qu’il faut s’y préparer avec méthode et prendre part aux conversations avec aplomb, nuance et sagesse. Il en va de l’intégrité et de la crédibilité de nos institutions.

Notre modèle de financement public des arts force l’admiration partout dans le monde et il doit continuer d’être en phase avec sa société en évitant les dérapages et les raccourcis faciles.

J’ai souvent parlé de leadership partagé et je crois que cela s’applique vraiment à la réalité que nous partageons avec la société et avec la communauté artistique dans son ensemble. Le dialogue avec la communauté est fondamental pour comprendre ses enjeux, ses préoccupations, ses attentes et ses besoins. Le Conseil se doit d’être à l’écoute et de tenir compte de la rétroaction pour que nous puissions justement progresser ensemble.

J’aimerais enfin conclure avec les mots du philosophe Henri Bergson : « L’avenir n’est pas ce qui va arriver, mais ce que nous allons en faire ». Faisons-le ensemble!

Merci beaucoup

Portrait - Simon Brault 2010
Simon Brault, O.C., O.Q.

Directeur et Chef

Simon Brault est directeur et chef de la direction du Conseil des arts du Canada. Auteur du Facteur C : l’avenir passe par la culture, un essai sur l’avancement des arts et de la culture dans l’arène publique, il a participé activement à d’importantes initiatives, notamment à celle de l’Agenda 21C de la culture au Québec. Instigateur des Journées de la culture, il a aussi été membre fondateur de Culture Montréal et, de 2002 à 2014, président élu de l’organisme. En 2015, l'Ordre des CPA du Québec lui remettait le prestigieux hommage pour avoir réussi « à réunir deux univers que tout opposait auparavant, les arts et le milieu des affaires, une union des plus profitables pour l'ensemble de la société ». Suivez Simon Brault sur Twitter: @simon_brault

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