Sommet canadien des arts – Un avenir inspiré pour les arts

Notes d’allocution à l’intention de Simon Brault
Sommet canadien des arts – Un avenir inspiré pour les arts
Vendredi 10 avril 2015

Merci.

C’est un immense plaisir d’être ici, avec vous ce soir à cette rencontre de chefs de file du milieu des arts.

J’ai été emballé par le thème choisi pour ce sommet : Un futur inspiré pour les arts. Il s’agit à la fois d’une déclaration d’optimisme et d’un énoncé de responsabilité. Une affirmation d’espoir et de détermination à assumer le rôle qui nous échoit aujourd’hui, soit de nous assurer de la suite des choses en nous préoccupant de la consolidation des acquis les plus importants, en organisant la  transmission des connaissances et des valeurs, et en innovant d’une façon éclairée et courageuse.

Albert Camus a écrit que « la vraie générosité envers l’avenir consiste à tout donner au présent. » Je peux très certainement témoigner de la générosité de la communauté artistique – du travail acharné, de l’esprit de collaboration et des échanges passionnés que nous avons tous au quotidien.

Ce thème d’un « futur inspiré pour les arts »  sous-tend et alimente notre vision au Conseil des arts du Canada. C’est le fondement même de tout ce que nous entreprenons. Particulièrement maintenant, au moment où nous entamons une transformation profonde et nécessaire destinée à maximiser l’impact que nous devons avoir sur les arts professionnels, et par conséquent, sur la société canadienne.

Ce soir, j’aimerais partager avec vous les enjeux de cette transformation du Conseil des arts. Je le fais pour deux raisons. Tout d’abord, pour une question de transparence, puisque notre travail a des effets directs et indirects sur un grand nombre d’entre vous. Mais aussi pour alimenter les discussions cruciales que nous avons sur l’avenir des arts, y compris sur le financement public des arts. Je dirai donc quelques mots sur les changements qui s’opèrent en ce moment, sur les raisons qui les motivent et sur l’importance de maintenir l’élan de cette réinvention. Car nous savons que la phase souvent la plus difficile consiste à maintenir l’élan suffisamment longtemps pour mettre en œuvre le changement. Comme l’a si bien dit mon ami et collègue, le regretté Joseph Rotman : « La valeur d’une vision doit passer l’épreuve de la mise en œuvre! »

Je m’en voudrais d’évoquer le souvenir de Joseph Rotman sans souligner le rôle capital qu’il a joué dans la définition même de l’orientation que nous avons adoptée au Conseil des arts du Canada. Vous êtes nombreux à le savoir – Joe nous a quittés en janvier. C’était un homme d’affaires avisé qui a cessé de consacrer toutes ses énergies au secteur privé à l’âge de 60 ans pour se consacrer à  la politique publique pour servir l’intérêt public.

Joe était un homme généreux dans son engagement philanthropique. Il ne comptait pas le temps ni l’aide qu’il donnait aux autres. Mais ce que Joe a légué de plus important au Conseil, et par extension à l’ensemble du milieu culturel, c’est son encouragement à valoriser l’action du  Conseil des arts au-delà de son strict rôle d’organisme subventionnaire. Lui et moi étions profondément convaincus que nos véritables « clients » ne sont pas les artistes, mais les Canadiens. Nous partagions la certitude que pour demeurer un organisme dynamique et pertinent dans le futur, le Conseil devait se reconnecter avec son mandat d’origine, le soutien aux arts, non seulement pour offrir un appui aux arts, mais aussi pour nous en faire le champion. Joseph Rotman m’a encouragé et soutenu dans mon travail de planification et d’encadrement de la profonde transformation en cours du Conseil. Comme nous tous au Conseil, je tiens à témoigner une fois encore notre sincère reconnaissance à l’endroit de ce président qui aura marqué la trajectoire du Conseil.

Vers un nouveau modèle de financement

Lors de l’Assemblée publique annuelle du Conseil, en janvier dernier, j’ai annoncé que nous étions en train de mettre au point un nouveau modèle de financement qui devrait être lancé à temps pour la célébration de notre 60e anniversaire en 2017. 

Les commentaires qui ont suivi cette annonce ont été presque unanimement positifs. Cette annonce a été spontanément saluée par Shelley Glover, ministre du Patrimoine canadien, dans son allocution ce jour-là, en plus de recevoir une ample couverture médiatique. Dans les jours et les semaines qui ont suivi cette annonce, j’ai donné de nombreuses entrevues dans les médias traditionnels et dans les médias spécialisés pour expliquer nos intentions.  

Pour ceux d’entre vous qui ne connaîtraient pas les détails de cette annonce, je prendrai quelques instants pour en rappeler les grandes lignes. 

Les contours du nouveau modèle de financement sont ceux-ci : des programmes moins nombreux et clairs, et des processus simplifiés. Récemment, j’ai lu un article qui conseillait de « penser à simplifier, avant de penser à innover »! Je suis parfaitement d’accord avec cette recommandation : il est beaucoup plus facile d’agir avec souplesse et de s’adapter au changement avec créativité, si on élimine les trop nombreuses couches de règles et de processus complexes héritées d’une longue histoire institutionnelle.

Le principal enjeu est de réduire le nombre de programmes de subventions en les faisant passer de 142 à moins d’une dizaine de programmes nationaux qui permettront de soutenir l’ensemble de la pratique artistique professionnelle. Ils répondront aux enjeux propres, tant aux disciplines artistiques existantes qu’aux formes d’arts en émergence, en intégrant les valeurs et les engagements fondamentaux du Conseil.

La répartition des enveloppes budgétaires actuelles – en termes de disciplines et d’allocations pluriannuelles – sera le point de départ de ce nouveau modèle de financement. Autrement dit, tous les candidats aujourd'hui admissibles à nos programmes seront aussi admissibles à nos nouveaux programmes. Il ne s’agit pas de déplacer des fonds, mais plus précisément de déplacer l’attention portée à la conformité aux critères et exigences de nos programmes actuels vers un appui et un accompagnement qui permettent aux artistes et aux organismes artistiques de progresser dans leur quête d’excellence et de maximiser leur impact selon la  vision qui leur est propre. Il ne s’agit plus d’offrir un certain type de subventions à un groupe précis de clients qui respectent les contraintes de nos multiples programmes, mais plutôt d’adapter notre soutien aux réalités, aux capacités, au potentiel et aux ambitions exprimées par les artistes, collectifs ou organismes. 

Nous sommes par ailleurs en train de réduire la lourdeur de nos processus administratifs et décisionnels afin que les artistes et les organismes artistiques puissent davantage consacrer leur créativité et leur énergie à leur art, et passer moins de temps à tenter de se conformer aux exigences de nos programmes ou à se retrouver dans les arcanes de nos systèmes.

Des processus allégés vont également libérer le personnel du Conseil d’une multitude de tâches répétitives, techniques et sans grande valeur ajoutée et mettre en valeur leurs connaissances, leur intelligence et leur engagement envers les arts. Ainsi, nos agents de programme auront plus de temps pour mieux comprendre, conseiller, soutenir et accompagner les artistes et les organismes artistiques et de tirer parti du travail qualitatif des comités des pairs. Nous serons aussi en mesure de mieux définir une approche nationale sur le développement  des arts au Canada et leur rayonnement international.

Depuis notre assemblée publique annuelle, nous avons grandement avancé dans la conception des nouveaux programmes. Nous dévoilerons les nouveaux programmes de financement dans quelques semaines. Mais, je peux vous donner des détails sur deux programmes axés plus spécifiquement sur les arts autochtones et sur l’accès au marché international.

Depuis une vingtaine d’années, le Conseil a un Bureau des arts autochtones et des programmes particuliers. Nous évaluons actuellement ces programmes et nous sommes conscients de leurs formidables retombées. Mais, nous découvrons également que nous pouvons faire encore mieux. Nous sommes à un moment décisif dans l’histoire du Canada : les relations entre les peuples autochtones de ce territoire et l’État canadien constituent l’enjeu le plus important de notre temps. Nous vivons à une période où il est temps de reconnaître le potentiel considérable des arts autochtones pouvant susciter un changement de cap des relations entre les non-Autochtones et les Autochtones au profit d’un avenir commun. 

Les artistes autochtones seront bien entendu admissibles aux autres programmes. Toutefois, ce programme spécifique adoptera une approche favorisant l’autodétermination. Cela signifie que le programme sera structuré autour des valeurs et des perspectives des artistes autochtones, qu’il sera administré par du personnel d’origine autochtone, qu’il sera évalué par des artistes professionnels autochtones et que ses retombées seront évaluées dans le contexte artistique et culturel autochtone.

L’un des autres programmes que nous allons lancer a résolument une orientation internationale. Nous croyons que le rayonnement de la création artistique canadienne sur la scène internationale participe à la réussite des artistes et des organismes artistiques d’ici. Il faut que nos artistes aient une présence dans les réseaux, dans les échanges et dans les collaborations multiformes qui ont lieu à l’échelle mondiale. Cela ne peut qu’enrichir leurs pratiques et leurs perspectives ici, au pays. Cela confirme aussi le statut du Canada comme pays porté par sa créativité, son excellence, sa diversité et son esprit d’innovation.

Le Conseil vient de réaliser un investissement stratégique de 3 ans ciblé sur l’accès au marché international. Plus précisément, nous avons doublé nos investissements internationaux, les faisant passer de 5 à 10 millions de dollars. Les activités déployées durant cette période ont donné d’excellents résultats tout en nous permettant de mieux discerner ce dont nos artistes ont besoin pour mieux s’implanter et rayonner dans l’arène internationale. Nous sommes impatients de voir nos activités à l’international passer à la vitesse supérieure grâce à un nouveau programme dédié à l’international.

En plus de la réorganisation de notre modèle de financement, une autre vague transformatrice touche l’ensemble de nos activités : l’engagement du public envers les arts. C’est là une dimension clé de notre mandat à titre d’organisme financé par des fonds publics. C’est ce qui renforce la légitimité démocratique de notre travail. Ceux d’entre vous qui me connaissent savent que je considère que l’engagement du public ne se limite pas aux ventes de billets de spectacles et à la création d’un marché pour les arts. L’engagement du public consiste d’abord à intégrer les arts dans la vie  quotidienne de tous les Canadiens, quel que soit leur origine, leur condition ou leur degré de participation.

J’ai le net sentiment que nous devons en tant que pays —  en tant que société planétaire — adhérer aux valeurs de la démocratie culturelle. Cela passe par une authentique participation, des échanges réels, un engagement marqué et profond envers les arts dans ses expressions les plus diverses, les plus élevées, les plus exigeantes parfois, les plus libres et les plus riches. En d’autres mots, au moment où le Conseil précise son avenir, il doit habiliter pleinement chaque Canadien. Chaque citoyen doit avoir la possibilité de voir, d’entendre et de vivre les arts, et de faire partie de l’expression de la culture, ou des cultures, qui le définissent. 

Il y a à peine quelques semaines, j’étais à Bilbao, en Espagne, je participais, à titre de conférencier, à un sommet international destiné à faire progresser l’Agenda 21 pour la culture. Si cela ne vous est pas familier, sachez que l’Agenda 21 est un mouvement, sinon une mouvance,  qui vise à s’assurer que la culture soit prise en compte – aux niveaux local et régional – dans toutes les discussions, politiques et initiatives liées au développement durable et au développement humain. Ce mouvement est en train de s’imposer, et un nombre croissant de citoyens demandent « Comment pouvons-nous décider du genre de monde dans lequel nous voulons vivre, de ce qu’il faut préserver, sans l’imagination et la créativité de nos artistes? » C’est une déclaration saisissante – une affirmation qu’il nous faut réitérer si nous travaillons à démontrer la valeur des arts aujourd’hui et à l’avenir.

Au Conseil des arts du Canada, nous allons continuer d’encourager l’engagement du public, notamment en maximisant l’impact de nos programmes qui ne sont pas liés à l’octroi de subventions et qui donnent aux Canadiens davantage d’accès à l’art dans leur vie quotidienne, et qui accordent au Canada plus d’influence sur la scène mondiale. Je pense notamment à la Banque d’œuvres d’art, aux nombreux prix et bourses qui viennent souligner l’excellence, à la Commission canadienne pour l’UNESCO, à la Banque d’instruments de musique et au Programme du droit de prêt public.

Nous allons continuer à faire de l’engagement du public un élément essentiel de toutes les conversations auxquelles nous voulons participer au sein des milieux artistiques et bien au-delà de la profession. Dans cette optique, nous parlons de façons encore plus directe et ouverte de la valeur des arts et de l’impact du financement public des arts sur les individus et les communautés. Nous tentons constamment de joindre le plus grand nombre de personnes en étant présents dans les médias sociaux et sur d’autres plateformes où sont aussi présents les Canadiens. Nous présentons des énoncés et des faits sur les bénéfices sociaux et économiques des arts, et nous espérons que le message deviendra viral.Nous voulons convaincre les gens que l’art compte pour les personnes, pour les collectivités, pour le présent et pour notre avenir. 

Nous voulons que les gens aient accès à cette ressources inépuisable et renouvelable qui est à notre portée : notre faculté de créer, de rêver, d’imaginer et ‎d’inventer notre avenir. Au Canada, 671 000 travailleurs de la culture, dont 140 000 artistes professionnels, dynamisent notre développement social, humain et économique. La contribution de la culture au produit intérieur brut est d'environ des 50 milliards de dollars. Nous voulons que les Canadiens saisissent qu’investir dans la création, c’est investir dans un avenir plus prospère. 

Pourquoi maintenant?

Pourquoi présenter un nouveau modèle maintenant?

Vous le savez peut-être, j’ai assumé la vice-présidence du conseil d’administration du Conseil des arts pendant 10 ans, un rôle aujourd’hui assumé avec brio par notre collègue Nathalie Bondil. Il m’est apparu progressivement  que nous ne pourrions pas conserver notre pertinence au 21e siècle en nous contentant de faire les mêmes choses avec les mêmes moyens ou, même, avec des moyens un peu plus importants.

Lorsqu’on m’a confié le poste de directeur et chef de la direction, le conseil d’administration m’a aussi donné le mandat de procéder à une réorganisation en profondeur souvent esquissée, mais jamais réalisée.

Nous avons abordé cette démarche comme une remarquable occasion de revoir nos activités centrales en adéquation avec NOS priorités et NOS ambitions stratégiques. Et non en réaction à des compressions budgétaires ou à des politiques gouvernementales.

Pour nous, cet exercice est une façon de ramener la question du financement public des arts sous les projecteurs, sous un angle positif, visionnaire et tourné vers l’avenir. Cela ne peut renforcer notre plaidoyer en faveur d’un financement accru.Cette refondation et les retombées que nous anticipons nous donneront plus de crédibilité pour assurer notre présence – la présence de l’art – dans les conversations cruciales qui auront lieu sur l’avenir de ce pays.

Le nouveau modèle de financement interpellera aussi les secteurs du milieu artistique qui sont en émergence et en croissance et qui sont moins favorisés à l’heure actuelle par les modèles en place. Je pense notamment aux jeunes artistes, aux artistes issus de la diversité, à ceux et celles qui pratiquent en région éloignée. Des artistes désavantagés dans l’accès aux subventions – non pas à cause de la qualité de leur travail, mais parce qu’ils peinent à naviguer dans la mer de nos processus et de nos programmes et qu’ils captent trop bien le message de l’austérité budgétaire dont ils sont les victimes les plus récentes.

Et surtout… en procédant maintenant à ces changements – en étant proactifs – nous sommes maîtres de notre réorganisation, de notre réinvention. Nous sommes en mesure de tirer parti de notre position actuelle à titre d’institution crédible et encore pertinente, afin de nous réinventer d’une manière qui fait honneur à notre histoire, à nos valeurs et à notre savoir-faire, et qui annonce une nouvelle ère dans le soutien public aux arts dans ce pays. 

Au cours des dernières années, plusieurs conseils des arts d’autres pays ont été poussés au changement par les compressions budgétaires et les pressions politiques. Ils n’ont pas eu la chance de réfléchir sur ces changements – certains  ont fait l’objet de sévères compressions et ont même été marginalisés ou déclassés. Ce n’est pas notre réalité, ce ne sera pas notre sort.

Maintenir l’élan

J’espère que mon discours démontre clairement que nos nouveaux programmes, que cette transformation n’est pas d’abord et avant tout une question d’argent. Il est plutôt question de désirs, d’idées et de vision… ancrés dans une conviction : si ces idées, cette vision sont solidement incarnées, nous serons dans une meilleure position pour argumenter auprès de la population et des élus du Canada en vue d’obtenir de plus grandes responsabilités dans la prestation de services publics reflétant nos valeurs et un soutien financier accru pour les artistes de ce pays.

À ce moment précis, alors que le processus de changement est définitivement enclenché, le défi consiste à maintenir l’élan ! Mais nous sommes résolus à y parvenir. La dynamique engagée au sein de l’organisation est solide, et cela, depuis le premier jour de mon mandat. Je ne peux que me réjouir de la façon dont le leadership et le personnel du Conseil épousent cette transformation, et maintiennent le dynamisme pour sa mise en œuvre. Depuis l’annonce des grandes lignes de nos plans, lors de notre Assemblée publique annuelle, nous avons travaillé sans relâche afin de respecter les échéances. Tout d’abord pour révéler les noms des programmes et quelques détails sur leur contenu, en juin 2015. Ensuite, pour déployer le nouveau modèle de financement, avant la fin de 2016. 

Nous sommes en train de comparer la cartographie de nos programmes actuels à celle des nouveaux programmes afin de veiller à ce que personne n’y perde au change, en maintenant notamment les enveloppes budgétaires attribuées aux disciplines. Nous sommes en train d’élaborer une stratégie numérique à l’appui de notre nouveau modèle de financement et pour en mesurer les impacts. Cette stratégie va également nous aider à créer un espace où le public, les artistes et les autres intervenants pourront se rencontrer pour créer, échanger et parler des arts.

Nous revoyons également le processus d’évaluation par les pairs afin de l’actualiser et de le rendre encore plus inattaquable. Nous voulons optimiser ce recours à l’expertise et aux connaissances des artistes et des professionnels de toutes les disciplines et partout au pays. Les comités d’évaluation par les pairs devraient consacrer plus de temps à évaluer la qualité des demandes et les tendances à l’échelle du pays et des disciplines, et moins de temps à parler d’argent.

J’ai déjà mentionné les réactions extrêmement positives que nous avons reçues à l’annonce de la transformation en cours. Il est clair que la communauté artistique comprend le besoin de changement et applaudit notre détermination à le rendre possible d’une façon qui est la nôtre. Les commentaires reçus entrent dans trois catégories : préoccupations, attentes et espoirs. Pour maintenir le dynamisme qui nous anime, nous devons prêter attention à ces réponses et nous en inspirer pour aller plus loin. Nous répondons aux inquiétudes en rassurant les artistes et les organismes artistiques : ce nouveau modèle de financement respectera les valeurs et les principes qu’ils apprécient de la part du Conseil, par exemple celles de l’équité et de l’évaluation par les pairs. Et même si je pense qu’il nous faut aborder ces préoccupations de front et avec transparence, nous ne devons pas pour autant les laisser consumer notre énergie et notre détermination. Afin de poursuivre sur notre lancée, il est important d’accorder autant, si ce n’est plus, d’attention aux attentes manifestées et à l’espoir.

Les attentes à l’égard du Conseil sont nombreuses. Je vois cela d’un œil positif, car elles témoignent d’un engagement envers notre vision et d’une confiance à l’égard de notre capacité à relever des défis. Et même s’il est impossible de satisfaire chacune des attentes, nous devons en tenir compte. Elles sont indispensables et contiennent souvent des idées d’innovations potentielles auxquelles nous n’avions pas encore pensé.

Enfin, je trouve extrêmement encourageant l’espoir exprimé dans les commentaires qui nous sont parvenus. J’ai mentionné au début de mon intervention que l’espoir sous-tendait les changements que nous avions instaurés. L’espoir doit être cultivé en nous-mêmes et chez ceux qui nous entourent. C’est une condition incontournable pour maintenir notre dynamisme. 

C’est pourquoi je vous encourage tous à soutenir notre chantier en faveur de l’innovation et du changement. Nous cherchons tous des solutions à des enjeux communs. Nous sommes tous à l’affût d’innovations propices à toucher de nouveaux publics, à favoriser la diversité et à bâtir des communautés autour de l’art. Nous devons tous nous adapter à de nouvelles technologies et à de nouvelles façons de créer, de produire et de partager l’art. En fait, nous faisons tous partie d’un projet plus vaste : nous réinventer nous-mêmes… pour demeurer pertinents et résilients sans abandonner nos valeurs et nos principes fondamentaux.

J’espère que le Conseil pourra encore compter sur votre appui au cours de cette réorganisation culturelle, opérationnelle et structurelle qui se veut authentique, étendue, positive, durable, mesurable et dynamique. Je vous invite tous à poursuivre les conversations ici et au-delà de cette salle sur la façon dont nous pouvons le mieux coopérer -- dans nos rôles respectifs -- à un avenir inspiré pour les arts. Je crois que le rêve d’un avenir inspiré pour les arts est un beau rêve. Un rêve à notre portée.