Jouer sa vie : Comme j'aime ce monde (1er billet)

Jouer sa vie : Comme j'aime ce monde (1er billet)

Publié 22 octobre 2015 par Maria Millar
Maria Millar. Photo : Josh Cutillo Maria Millar (Photo: Josh Cutillo )

Lisez le prochain billet de la série Jouer sa vie, par Maria Millar : 


Comme j’aime ce monde.

Et mon minuscule appartement de New York y est sans doute pour quelque chose.

À l’étroit dans notre logement étriqué – après avoir vécu pendant plusieurs années dans des dortoirs encore plus petits à Juilliard – Shawn Wyckoff et moi étions prêts à nous frayer un chemin en dehors de Manhattan. Nous avons donc fait l’acquisition d’une minifourgonnette de 500 $, avons fait une sous‑location à Salt Lake City par l’entremise de Craigslist, avons organisé une « tournée » (quelques concerts dans des bibliothèques, intercalés ici et là entre des semaines de randonnées et de vélo) et voilà – Sonic Escape, notre groupe de flûte et violon, était né. 

Ni la transmission qui s’est brisée après 10 minutes de route, ni les protestations incessantes et les régurgitations de Tiger et Ninja, nos deux adorables chatons frangins trouvés peu de temps auparavant sur les rives de la rivière Hudson, n’ont eu raison de notre projet. Nous étions en 2009, et nous faisions une tournée!

Heureusement pour Sonic Escape, nos tournées subséquentes ont été constituées de plus de concerts et de moins de randonnées. Nous avons parcouru l’Amérique du Nord, nous produisant dans plus de 30 provinces et états, et ce qui a commencé par un désir de profiter de la nature (tous les prétextes étaient bons pour sortir de Manhattan), s’est transformé en désir de connecter avec les gens. Un seul inconnu faisant preuve de générosité, voilà qui suffit pour se sentir chez soi dans une nouvelle communauté; je suis vraiment reconnaissante, car Shawn et moi en rencontrons au moins un partout où nous allons.

Par la suite, il s’est produit une série d’heureux hasards si incroyables que j’ai encore du mal à m’expliquer, qui ont commencé par des échanges de domiciles (vous vivez dans la maison de quelqu’un, qui lui vit dans la vôtre). Un peu comme Airbnb, mais la devise utilisée est la confiance, la curiosité et le goût du partage plutôt que l’argent. Il s’avère que notre minuscule appartement à New York présente deux avantages : son emplacement et le fait qu’il est libre quand nous sommes en tournée. À peu près à la même période, nous sommes tombés sur des tarifs erronés au Canada et aux États-Unis (cela arrive lorsqu’une compagnie aérienne publie par erreur un vol BEAUCOUP trop bon marché, et qu’on dispose de très peu de temps pour réserver avant qu’il ne disparaisse). Nous nous sommes donc rendus aussi loin qu’en Inde, au Japon et en Italie – on réserve d’abord, et après on compte sur les échanges de domicile et les rencontres fortuites avec des gens généreux. Et ça marche toujours, même quand ça ne marche pas. Et chaque fois, je me rappelle à quel point j’aime ce monde.

Voici une vidéo de 2 minutes de Sonic Escape qui raconte notre histoire :

 

« Et qu’advient-il à présent? », me suis-je alors demandé. C’était en mars dernier, et j’étais dans une jolie maison à Canmore en Alberta dans le cadre d’un échange de domiciles tandis que Shawn profitait des pentes de ski pendant la tournée canadienne de Sonic Escape. Je me donnais une semaine pour réfléchir à notre prochain projet et présenter une demande de subvention au Conseil des arts du Canada. Je pensais à tous ces endroits d’une beauté sans nom que nous avions visités en Amérique du Nord et à toutes ces personnes qui nous avaient accueillis dans leurs communautés, et j’ai réalisé que je voulais composer une œuvre symphonique – pour flûte et violon – qui saisirait cette vitalité pour que tout le monde puisse en profiter. Et je veux que l’exécution de cette œuvre soit rattachée à des activités ancrées dans la communauté qui nous connectent à notre environnement et aux gens qui s’affairent à le protéger. Le projet s’intitule Four Seasons Rising. Vous pouvez obtenir des précisions ici : http://www.sonicescapemusic.com.

Au cours des 36 prochaines semaines, je vous reviendrai régulièrement pour partager des histoires, des photos, des vidéos et des entrevues au fil du développement du projet. Je viens tout juste d’arriver au Cap Breton, en Nouvelle‑Écosse, pour effectuer des recherches et composer le premier mouvement – Fall (Automne) – et je suis soufflée par la beauté du lieu. Je vous en dirai plus à ce sujet dans mon prochain billet!

Merci de m’avoir lue,

Maria

Maria Millar. Photo : Josh Cutillo

À propos de l'auteur : Maria Millar

Jouer sa vie est une série de chroniques rédigées par Maria Kaneko Millar qui relate la création de Four Seasons Rising, un projet financé par le Conseil des arts du Canada dans le cadre duquel elle parcourt le Canada et les États-Unis – Nouvelle‑Écosse, Floride, Nunavut et Californie – pour faire des recherches, filmer et composer une œuvre symphonique pour Sonic Escape et un orchestre. Maria est violoniste et compositrice au sein de Sonic Escape, un duo formé de deux diplômés de Juilliard qui marient pièces hyperinstrumentales, histoires, mouvements de danse et œuvres originales, et dont la musique a été qualifiée, par le Washington Post, d’incroyablement imaginative, diversifiée, marquée par un sens incommensurable du plaisir. @sonicescape 

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