Révolutions temporelles

Du 10 novembre 2015 au 30 avril 2016

Alexandra Kahsenni:io Nahwegahbow
Photo: Rosalie Favell

Concevoir le temps, évoquer le passé et transformer ce passé en histoires sont des actes culturels grandement critiqués. Dans les traditions autochtones, les conteurs et les artistes défient et bouleversent souvent la conception occidentale du temps et son déroulement linéaire et progressif des événements. Nos récits et nos histoires existent plutôt dans des espaces où le temps ouvert, arrondi et malléable se plie et fluctue. Nos histoires sont souvent caractérisées par des êtres dotés du pouvoir de voyager dans le temps ou vers d’autres mondes. Les représentations autochtones de l’histoire et du temps permettent ce flux et cette perméabilité. Le mouvement est une composante centrale de notre être, et, comme l’observe l’écrivain anichinabé Gerald Vizenor, la souveraineté autochtone découle du droit au mouvement, cette faculté et cette capacité qu’exige fondamentalement tout déplacement.

Des artistes comme Barry Ace, Joi T. Arcand, Goota Ashoona, Carl Beam, Lance Belanger, Hannah Claus, Rosalie Favell, Alex Janvier, Roy Kakegamic, Mary Longman, Marianne Nicolson, Meryl McMaster, Caroline Monnet, Françoise Oklaga et Jesse Oonark mettent en lumière le mouvement continu inhérent à nos récits et à nos histoires en explorant et en transformant habilement les notions de temps. Ils nous aident à revoir la réalité.

La révolution du temps par l’art autochtone, c’est un appel à l’action, un acte radical et régénérateur qui nous invite à amorcer une véritable réflexion sur le statu quo et nous permet, en tant qu’êtres, de transmettre la mémoire et les préoccupations du passé et du présent à un renouvellement, à une vision créative d’un avenir sain, responsable et autochtonisé.

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Le renouvellement, c’est danser sur le dos de notre tortue; c’est voir et danser l’existence de nouvelles réalités et de nouveaux mondes.

Leanne Simpson, écrivaine de la communauté Michi Saagiig Nishnaabeg

Galerie

Alexandra Kahsenni:io Nahwegahbow

Alexandra Kahsenni:io Nahwegahbow est Anichinabée et Kanien'keha:ka. Membre de la Première Nation de Whitefish River ayant aussi des origines, du côté maternel, à Kahnawake, elle a grandi à proximité d’Ottawa. Elle poursuit actuellement des études de doctorat en médiations culturelles à l’Institut d’études comparées en littérature, en art et en culture à l’Université Carleton. Elle s’intéresse particulièrement aux récits, à l’histoire orale ainsi qu’à l’art et à la culture matérielle autochtones. Alexandra croit que la créativité, l’art et les facultés que mobilisent l’imagination et la création artistiques ont le pouvoir de changer le monde.

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